‹ ThéâtreChapitre 121 sur 174 · A€TE DEUXIEME · texte numérisé non relu

A€TE DEUXIEME

Je VOUS abandonne Guébrianl. Perdez-le, envoyez sa lettre au parquet. Les électeurs nous sauront gré, peutêtre, d'avoir été honnêtes. Et recevez M. de Riols. Causez avec lui. Vous voyez que je suis raisonnable, je n'exige pas autre chose. Mais il faut recevoir le marquis.

Feuiueu. — Eh bien, soit, pour vous faire plaisir, je le recevrai.

ASTRAIJD. — Ah !

Ferrier. — Il ne sortira rien de cette entrevue.

AsTRALD. — Nous verrous ! Nous verrons ! (Massebœuf et Gidon entrent.) Et maintenant allez retrouver le secrétaire de M. Gerbier qui vous attend.

Feiîrier. — Vous restez ici, n'est-ce pas? (Il sort.)

ASTRAtD, MASSEBŒLF, GIDON, puis FERRIER

Les trois conseillers restés seuls se regardent, silencieux, liochani la tète, navrés.

GiDO.N. — Je crois que nous sommes dans la mélasse.

Massebœuf. — Oui, nous y sommes.

AsTRAUD. — Mais non, voyons, nous ne sonmies pas dans la mélasse.

Gidon . — Oh ! vous, vous prétendiez que nous serions élus au premier tour de scrutin.

AsTRAUD. — Hé!... On dit toujours ça.

Massebœuf. — Et cet animal de préfet qui se croise les bras au lieu de faire de la pression pour nous !

GiDON, furieux. — Pourquoi lo, gouvernement le

iJOO LA ViE PUBLIQUE.

paie-t-il alors? J'espère bien qu'on le dégommera si nous sommes élus.

Masskuœi F. — Faisons savoir adroilement aux divers employés de la ville : agents de police, piéposés d'oc- Iroi, qu'on leur donnera des congés plus Iréquents el des augmentations de traitement. Ils ont voté contre nous, j'en suis sûr. Le maire était trop sévère avec eux.

AsTRAun. — Il exigeait qu'ils fissent leur service. Rien de plus.

MASstBŒrF. — A quoi bon être dans l'administration s'il faut travailler comme chez un particulier?

GiDON, pioiond. — Nous triompherions de la réactionet de l'anarchie, si nous trouvions le moyen de détacher deux ou trois mille voix de la liste Riols.

Massebœ F. — Oui.

AsTRAui», haussant lés épaules. — Evidemment. Mais vous lavez, vous, le moyen ?

GiDoN. — Non. C'est au maire à le trouver.

Masseiœuf, mystérieux. — Je crois que je l'ai, moi.

AsTRAUD, surpris et un peu inquiet. — \ OUS ?

Massebœuf. — Oui, moi.

AsTRAiJD. — Qu'est-ce que c'est '?

^Iassebœuf. — Voilà. (Pause.) Vous savez que l'arrestation de Bouvet, inculpé de viol, nous a mis en mauvaise posture. Eh bien! il paraîtrait... (Ferrier entre.)

Astral'd. — Déjà '.'Il n'y a donc pas eu de discussion?

Ferrier. — Non. Il m'a simplement transmis la réponse de M. Gerbier.

GiDo>. — Ah ! il s'agit des tramways.

AsTRAUD. — Eh bien! que dit Gerbier?

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