FERRIER, CLAUDIA RAVAUT
Terrier. — Prenez la peine de vous asseoir, madame. Claudia, très élégante; toilette discrète. — Merci, mon- ' sieur.
f Ferrier. — Voulez-vous me dire ce qui me vaut l'honneur de votre visite?
Claudia, uu pea embarrassée. — Voici, monsieur le maii'e,
Ul me faudrait une pièce, l'acte de décès de mon mari. Il
'me le faudrait... demain. Au bureau de l'état civil, où
je me suis présentée, on a répondu qu'on ne pourrait
iiiL' le délivrer que dans trois ou quatre jouj's. Alors,
204 LA VIE l'LDLlQUE.
j'ai pensé, monsieur le maire, que m'adressant à vous....
Ferrier, surpris. — Mals certainement, madame, je vais prier l'adjoint à l'état civil de donner des instructions pour que la pièce que vous désirez vous soit
immédiatement remise.
Il se mel à écrire.
Claudia, s'inclinaut. — Monsieur.... (Pause.) Puis-je m'autoriser, monsieur le maire, de votre aimabi ■ accueil, pour vous transmettre, au sujet du scrutii. d'hier, les félicitations do certains de mes amis. Je n'ose y joindre les miennes. La politique n'est pas mon fait....' Les femmes... vous savez.... Mais je connais plusieurs personnes qui... notamment M. Guéhriant, !<• sénateur.
Ferrier. — M. Guébriant?... Pardon, madame, à qui ai-je l'honneur de parler?
Claudia. — Madame Claudia Ravaut.
Ferrier frappé par le prénomet reconnaissant Claudia. — Ah!
Madame Claudia Ravaut!... Très bien!
Claudia. — M. Guébriant s'intéressait fort à cette
élection.
Ferrier. — Il a joué un rôle important contre nous.
Claudia. — Oh! non, monsieur le maire. Tout ce qu'on a pu vous dire à ce sujet est faux. Nous parlions de vous, ces jours derniers, avec M. le sénateur. 11 ne tarissait pas d'éloges sur votre intelligence, votre droiture... votre....
Ferrier. — Le quartier Saint-Aignan, sa citadelle, m'a mis en minorité.
Claudia. — Vous y aurez la majorité dimanche, car il