ACTE DEUXIEME. 20r
va revoir ses amis ^et s'employer activement en votre faveur.
Ferrieh. — Non, niadaniis' non, qu'il si^ dispense....
Cl.vudia. — Oh ! vous ne renipècherez pas d'appuyei' votre candidature. A cet égard, son interview de ce matin est clair. (Pause.) Ce sera son dernier acte politique.
Ferrier, froid. — Je le crois.
Claudia. — 11 va démissionner.
Ferrieu. — Ah !
Claudia, — Il est âgé, infirme, sa vue baisse. Il a une maladie de cœur, une émotion violente le tuerait. (Elle paraît émue.) Je VOUS prie de m'excuser, monsieui", c'est un vieil ami. Il m'a connue tout enfant. Ma famille, moi-même, nous lui devons beaucoup. Et quand je le vois dans cet état....
Ferrieu, radouci. — Gravement malade ?
Claudia. — Les calomnies répandues sur son compte l'ont beaucoup affecté.
Ferrier, incrédule. — Ah !... On l'a calomnié.
Claudia. — Comme tous les hommes politiques. On n'arrive pas à sa situation sans avoir beaucoup d'envieux, de détracteurs ! Aussi, depuis trente ans, que d'infamies gratuites a-t-on prêtées à M. Guébriant! Que d'accusations non fondées a-t-on portées contre lui. Et aujourd'hui encore.... Tenez : on sait qu'il était lié avec Marclou, le banquier, et on insinue qu'après la fuite de Marclou, on a trouvé à sa banque des pièces accusatrices. C'est un abominable mensonge.
Ferrier. — Il se peut !
'200 LA VIE l'IiBl.IOUE.
Claudia — On ajoute même, — voyez jusqu'où va l'imagination des méchantes gens, — qu'une pièce auiait été dérobée et remise à une tierce p 'rs>nne ^ui en ferait usage contre M. duébriant. Ils estiment bien peu cette personne pour la croire capable d'une action pareille.
Ferrier. — i]n eiïtil ! On ne se sert pas d'une pièce «ju'on a eue dans ces conditions.
Claudia, — N'est-ce pas?
Ferrier, — On l'envoie au parquet !
Claudia. — Mais... une lettre.,, une vieille lettre est sans valeur juridique. On interprèle en sens divers les phrases qui la composent.
Ferrier. — C'est atl'aire aux juges.
Claudia. — M. Guébriant se disculperait aisément.
Ferrier. — Je le souhaite pour lui.
Claudia. — Cependant, s'il est appelé au parquet, songez-y, monsieur, quel bruit ! quel éclat !
Ferrier. — Oh ! le procureur sera disci'et.
Claudia. — Tout se découvrirait avant deux jours. Et [)ourquoi ce scandale? A qui profiterait-il ? Aux adversaires de M. Guébriant? Hélas ! il ne peut plus porter ombrage à personne, il se retirera de la vie politique après avoir assuré votre élection .
Ferrier, — Hé! e me passerai de son concours.
Claudia. — Il ne vous demande rien au,ourd'hui, en échange de Fappui qu il vous prête.... Gardez... ce qu'on vous a remis, bt plus tard, après qu'il vous aura aidé...,
Ferrier. — Non.madmie.... Jeue veuxpasqueM. Guébriant intervienne en ma faveur dans la lulte engagée.