ACTE DEUXIÈME
Martin. — Sauvés!
GiDOiN. — Sauvés! Martin. — N'ous sommes sauvés!
AsTRAi D. — Hein?
Ferrikr. — Qu'y a-t-il?
Martin. — • C'est la victoire!
GiDON. — Enibncé, le marquis.
Martin. — Nous passerons avec une énorme majorité.
GiDON. — Qui osera voter pour eu\?
Martin. — Personne.
GiDON. — Ah! quel bonheur!
Martin. — Ab! quelle joie!
GiDON. — Embrassons-nous!
Ils tombent dfins los bras l'un He l'autre.
Massebœof, accourant radieux. — Vous savoz la nouvelle?
Martin. — On nous l'a donnée par téléphone.
Massebœûf, à Fcrrier. — Clérot vient de me l'annoncer. Quelle chance!
Ferrie». — Mais enfin, qu'y a-t-il?
Martin. — C'est le curé de Saint-Jean qui a violé los deux petites filles.
Massebœof. — Les communiantes!
GiDON. — Et il est arrêté.
Astral' D. — Un curé?
GiDON. — L'abbé Mitaine, oui.
AsTB.vuD. — Et il est arrêté?... Oh! oh!
Martin. — Sur un ordi'e de Marceryl, le procureur.
Ferriër, avec un cri. — Le coup de Guébriant.
Astracd. — Guébriant?
or; la vie MDLlQDn.
Feruikr. — Rien.
Massebœif. — Quel tremplin pour nous !
GiDos. — Sus au cléricalisme!
Massebœuf. — Ahî ce farceur d'abbé!
Martin. — Il ne s'embêtait pas.
GiDo>. — Le vieux cochon!... Confiez vos enfants aux irùcards I
M\»TiN. — Trois ou quaire mille braves gens qui avaient voté pour de Riols ou Petitchamp viendront à nous.
Massebœuf. — Exploitons l'incident.
Feurier. — Oh! doucement! doucement!
GiDOK. — Oui! c'est contre les curés qu'il faut faire campagne!... Montrons le crime de l'abbé Mitaine dans toute son horreur, ameutons la ville contre lui, soulevons l'opinion publique.
Ferrier. — S'il est innocent?
Martin. — Allons donc.
GiDox. — Ça n'est pas possible !
Ferrier. — Nous ignorons tout de l'accusation, des charges relevées contre l'abbé. Qui sait s'il n'y a pas là-de'ssous... Enfm. nous devons le tenir pour innocent, tant que sa culpabilité n'est pas certaine. Massebœdf, ébranlé. — En effet... il me semble... GicoN, furieux, à Massebœuf. — Yous soutenez les curés, vous, niaintenant! Parbleu! ça ne m'étonne pas. Vous êtes un calotin. Votre femme va à la messe.
Massebœuf, criant. — Ça n'est pas vrai! Ma femme ne va pas à la messe. Je ne veux pas qu'on dise que ma femme va à la messe.
Martin. — Cependant, monsieur le maire...