ACTE TROISIEME. m
KÉGMER, entrant, une IcUre à la main. — Peut-OQ remettre
'îBci à un commissionnaire ?
Ferrier. — Je n'ai personne sous la main. André. — Donnez. Je descends.
Régnier. — Merci.
André sort.
'lîRRiER. — Cécile, fais-moi préparer du thé. iÉciLE. — Oui, papa.
Elle sort.
FERRIER, ASTRAUD, RÉGNIER
RnMER. — Voyons, monsieur le maire, c'est aujourd'iîu jeudi, il faut établir votre liste. Nous perdons un temp précieux. Maréchal gagne du terrain.
Frrier. — En font-ils une guerre de sauvages 1 M'insultot-ils assez dans leurs réunions, dans leurs journan::!... M'ont-ils assez hué et sifflé, avant-hier, au cirqie. Et leurs interpellations stupides! On crie : « Priez-nous de Saint-Simon ! » Je demande : « Le duc » « A bas les ducs ! » « Le saint? » a A bas les sains 1 » « Le philosophe ?» « Y en a donc trois ? » « Y se fihe de nous ! » Et les cris d'animaux 1... Le chant du oq, les aboiements du chien, les grognements du cocon!... Ah! oui.... Mais je prendrai ma revanche, demin, au Théâtre Molière. Je me ferai accompagner cet* fois par des gaillards solides et forts en gueule.
IsGKiER. — Ah 1 si vous pouviez mettre fin à la grée !
Ierrier. — Elle serait terminée depuis hier sans celte
crapule de Maréchal et sans Rondoli. Ils entretienneni l'irritation des grévistes, les excitent par leurs déclamations, les enhardissent à se montrer intransigeants.
AsTRAUD. — Nous attendons Gerhier, le directeur df la Compagnie.
Ferrier. — Celui-là est d'une telle mauvaise b\ qu'on se demande s'il n'a pas intérêt à la prolongali>n de la grève.
Régmer. — Oh ! promettez-lui ce qu'il demandera et obtenez qu'il s'entende avec ses employés.
Fermier. — Je suis prêt à faire toutes les concessJns qu'il faudra pour empêcher Maréchal d'arriver < la mairie. Tenez, c'est comme dans l'affaire Mitaine se conduit-il assez misérablement !
Régnier. — Le parti avancé l'approuve.
Ferrier. — Et s'il fait condamner un innocent? ïais sur cette question vous parlez comme Maréchal, ans votre journal.
Régnier. — Le Petit Salentin affirmant que l'abbest innocent, j'ai bien été obligé d'affirmer qu'il est oupable. Nous sommes d'opinions opposées.
AsTRACD. — Ne blâmons pas l'attitude prise par Mréchal. Elle nous réconcilie avec les amis de M. de Pois et les amis de M. de Petitchamp, qui se voient obl^és de marcher avec nous.
Régnier. — Vous attendez ces deux messieurs ?
AsTRACD. — Oui. Nous avons ébauché un traité Oalliance par l'intermédiaire de Sénart, le député....
Régnier. — Ah 1 ah !.. . Sénart lâche le parti ouvrier. . . Naturellement!... 11 convoite le siège de Guébriant.. Qui attendez-vous encore ?