ACTE TROISIEME
Viziers, Saint-Paul et Château-Bleu sont à ma dévotion. .. vous aurez leurs voix.
BoucHONNET, iiclaunt. — Tout Cela est bel et bon, mais moi? Ou plutôt M. de Petitchamp que je représente ici? (jue lui dirai-je quand je le reverrai ?
Monseigneur. — M. de Petitchamp? Il maintiendra sa candidature au second tour de scrutin.
BoucHONNET. — Y pcnscz-vous?
Ferrier. — Hein ?
AsTRAUD. — Yous voulez!...
Monseigneur. — Il convient que le parti conservateur ait une liste pour affirmer son existence! (A Ferrier.) Et c'est le seul moyen d'empêcher certains fanatiques de voter pour Maréchal. (A Bouclionnet.) Puisque M. deRiols et ses amis se retirent, il faut que M. de Petitchamp et les siens aillent à la bataille.
BoucuoNNET. — Mais c'est à la défaite que vous voulez nous faire marcher, monseigneur.
Monseigneur. — J'aurai soin que personne n'ait à se plaindre du résultat des élections. Priez M. de Petitchamp de venir me voir demain, à Tévéché.
AsTRAUD. — Je crois, messieurs, que nous avons épuisé l'ordre du jour.
Tocs. — Oui. En effet. Nous nous retirons.
AsTRAUD. — Si vous Ic voulez bien, nous nous retrouverons ici, ce soir, à dix heures, pour établir notre liste définitive.
De Riols. — Mais oui, mais oui !
On remet les pardessus et les chapeaux.
Monseigneur, à Sénart, Lévy, Astraud, qui sont près de lui. —
Vous voyez la situation. Je serai obligé de soutenir
ouvertement, M. de Petilclianip. Mais je jie voudrais pas qu'on se méprît en haut lieu....
Sénart. — Soyez paisible, monseigneur!
MoMSEiG-NEUR. — Noire bien-ainié évêque, Mgr Rivière, est fort âgé 1 Si Dieu le rappelait à lui, il y aurait parmi tous les prêtres de ce diocèse une pieuse émulation pour obtenir le siège qu'il a si dignement occupé.
AsTRACD. — Nous espérons bien qu'il vous sera donné.
Sé.nart. — Et nous ferons le nécessaire pour cela.
Monseigneur. — Je saurai par mon illustre ami j Ferillot quels sont les candidats les mieux appuyés.
Lévy. — Le moment venu, n'oubliez pas, monseigneur, que j'ai, à Rome, des amis dont l'influence esta votre service.
Monseigneur, remontant. — Nous nous retirons, monsieur le maire.
BoucHONNET, à de Riols. — Nous uous somiîies laissé rouler. Par votre faute vous venez de perdre votre siège 1 au Sénat.
De Riols. — Ûh! mon cher, nous verrons ce qui se passera dans quinze mois....
Sénart, à Astraiul. — Voilà qui est arrangé,
AsTRAUD. — Oui.... Mais de Riols, conseiller général!
Sénart — Oh! dans un an..,. Servons-nous de lui.... Et après....
Tous. — Au revoir.... A ce soir.... Messieurs.... Madame... à dix hem'es.
Tous sortent, sauf Aslraud qui remet son pardessus.