‹ ThéâtreChapitre 155 sur 174 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

je viens vous demander s'il faut marcher avec vous ou contre vous.

Feruier. — Vous aussi ?... Votre appui ?... Et qu'exigez-vous en retour?

CoRviso. — Ce n'est pas uu marché que je viens vous proposer, monsieur le maire, mais une petite combinaison très ingénieuse. Mettons-nous d'accord et je ne vous attaque plus dans la Démocratie. Même, j'y prends votre défense sans qu'on s'en étonne.

Ffrrier. — Voyons... votre combinaison.

CoRviNO. — Vous remaniez votre liste. Je le sais. Eh bien, parmi les noms des conseillers nouveaux, mettez le nom de mon fils.

Ferrier. • — Votre fils'?

CoRvoo. — Lucien, oui.... Garçon d'avenir, actif, débrouillard, roué comme potence, et une platine! Un futur député. Il vous rendrait des services.

Ferrier. — Et comment justifiei' la présence parmi mes conseillers de M. Lucien Corvino, dont le père ne cesse de m'injurier ?

CoRviiNo. — Nous dirons qu'il vous a été imposé par votre comité. Je ferai les démarches nécessaires auprès de ces messieurs.

Ferrier. — tt comment expliqueriez-vous à vos lecteurs que votre fils ait consenti à devenir le collègue d'un homme que vous traitez de... fripon?

Corvino. — Ohl je dirai que Lucien n'est entré à la mairie que par dévouement à la chose publique, pour... surveiller votre gestion financière.

Ferrier, se croisant les bi-as. — Ail çàl est-ce que vous vous foutez de moi?

CoRviNO. — Quoi?

Ferrier. — Regardez-moi donc en face! Ai-je l'air d'un homme dont on se paie la tête ?

CoRvixo. — Mais....

Ferrier. [ — Allons! allons! Déguerpissons, rapidement.

CoRviNo. — Il faudrait le prendre d'un peu moins haut, monsieur le maire, j'ai un journal.

Ferrier. — Dites une feuille de chou.

CoRvi.NO. — Ma feuille de chou peut raconter des histoires qu'il vous serait désagréable qu'on divulguât. Après tout, il ne faut pas faire le malin ni poser pour l'homme intransigeant à cheval sur les principes.

Ferrier, furieux. — Qu'est-ce que vous dites? Est-ce que vous savez ce que vous dites?

CoRviNO. — Oui, je le sais, et puis d'autres choses avec... Je sais par exemple qui se trouvait ici tantôt. Ah I vous ne voulez pas de mon fils qui est un socialiste convaincu et vous acceptez des candidats chers à M. de Riols! Ah! vous me mettez à la porte, moi, un vieux républicain, et vous avez des conciliabules avec Mgr de Belmont et Mme Errazura ! Eh bien, je le raconterai dans ma feuille de chou !

Ferrier. — Eh ! racontez-le donc ! Racontez tout ce que vous voudrez.

CoRVLNo. — Soyez tranquille! Je n'y manquerai pas. Et nous verrons si vous serez élu !

Ferrier, emporté. — Soit! Empêchez-moi d'être élu.... Vous me rendrez service.

CoRvixo. — Monsieur le maire!

Ferrier. — Oui, tant mieux, si je ne suis pas réélu... vous entendez bien... tant mieux!

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