ACTE QUATRIEME
On s'est fichu des coups, rue Thérèse. — Il y a des blessés? — Oui.
Ils ont quarante mille voix.... — Trente mille.... — (juarante..., — Alors, ils sont élus.
A minuit, nous serons fixés. — Avant, il n'y a que trois listes en présence.
Où est le maire? — Là, à son bureau.
Accompagnez-moi à la Permanence. — Non, je reste à la mairie. S'il est élu, je veux être le premier à le féliciter.
Il y a une jeune femme près du maire. — C'est sa fille.
Il fait trop chaud. Je pars. — Un quart d'heure de patience.... Nous connaîtrons les derniers résultats. — Mon dernier tramway est à onze heures.... — Nous rentrerons à pied.
N'est-ce pas le docteur Rondoli?... — Oui, c'est le docteur. — On le dit brouillé avec le maire. — Non, puisqu'il est sur sa liste.
Premier électeur, parlant au deuxième électeur. — AlorS
tu n'as voté que pour Rondoli et pour Vincent?
Deuxième électeur. — Oui.
Premier électeur. — Tu connais ce Vincent?
Deuxième électeur. — Non, c'est peut-être un brave homme.
Premier électeur, saisissant Turiin cjui passait. — Monsicuf Turlin?
Turlin. — Quoi?
Premier électeur. — Vos amis vont être élus.
Turlin. — C'est pas sûr.
Premier électeur. — Mais si, mais si, ils seront élus- T.)-E I. 12
Dites donc, monsieur Turlin, vous m'aviez promis....
TuRLiN. — Des bons de pain. Je n'en ai pas.
Premier électeur, — Mais....
TuRLiN. — Je n'en ai plus....
Premier électeur. — Donnez-moi un cigare, alors! Que je n'aie pas voté pour rien.
Ils s'éloignent.
Martin, fendant la foule. — Gidon!... Charles!... Charles!...
GlDOiX, qui était près du maire- — Eh bien! que veux-
tu?...
Martin. — Où en est-on?...
GlDON, très afifecté, consultant une liste. — Ahl... IIOUS
avons 31 500 voix... ils en ont 31 700.
Massebœuf, qui s'est joint à eux. — Mais en bas, au premier bureau, on trouve 52 000 voix pour nous et 31 995 seulement pour eux.
GiDON, digne. — C'est Ferrier qui vient de me communiquer ces chiffres. Est-ce qu'il ne sait plus faire une addition maintenant?
Martin. — La liste Petitchamp?
GiDON. — 17 600 voix.
Martin. — C'est fou!
Massebœuf. — On a beaucoup voté dans les faubourgs.
Martin. — Quels enragés!
Gidon. — Et le temps était beau.
Massebœuf. — Est-ce qu'ils ne pouvaient pas aller à la campagne?
GiDON. — Les ouvriers n'ont qu'un jour de repos par semaine. Ils le passent en ville dans les cafés. Ah !