ACTE QUATRIEME
l'alcoolisme 1 Quelle plaie sociale! Qui dira l'affaiblisseiiient iiilellectuel et moral, les ravages....
Martin, qui consultait la feuille que Gidon lui a remise. — Oll !
Massebœuf. — Quoi?
Martin, appelant. — Turlin (Tuilin s'approche.) Au
Collet, nous n'avons que 570, voix.
TuRLiN. — 570 voix? ^euf cents électeurs avaient promis de voter pour vous. Ça fait cinq cent trente salauds.
Ils s'éloignent et descendent.
IIÉG.MER, à Astraud. — Eli bien ! le dernier galop 1
AsTRAUD. — Oui —
Régmer, riant. — Qui arrive au poteau?
AsTRAUD. — Est-ce qae je sais!... Est-ce qu'on sait!... Est-ce qu'on peut savoir... avec le suffrage universel.... Jolie invention ! Tenez, dimanche dernier, nous avions la majorité dans le quartier des Filles-Dieu. Nous y sommes en minorité aujourd'hui!...
Régmer. — Le dépouillement est terminé?
AsTRAUD. — Manquent encore les résultats d'une ((uinzaine de bureaux.
Régnier. — Quels quartiers?
AsTRACD. — Petitbois, Bel-Air, Saint-Aignan.
Régnier. — A Petitbois, le triomphe est certain.
AsTRAUD. — S'il ne l'était pas après toutes nos promesses, il n'y aurait plus de politique possible.
Régnier. — J'aurais parié qu'on arriverait comme dans un fauteuil.
AsTRAUD. — Et moi, j'ai fait venir des orphéons 1
Régnier. — Au journal, on est prêt à illuminer !
Martin, Gidon, Massebœuf se sont approchés.
AsTRAUD. — Ah ! si tous los élpcteurs du marquis de Riols étaient venus à nous! Mais beaucoup ont voté pour la liste Petitchamp.
GiDON. — La liste cléricale!
Martin. — Parbleu! Avec la gaffe du procureur.
GiDON. — Remettre ce ciu'é en liberté!
Martin. — Sous prétexte qu'il est innocent!
Massebœuf. — Avez-vous vu leurs affiches ce matin'/
GiDON — On ne m'ôtera pas de l'esprit que l'abbé Mitaine est coupable.
Tardibu. — Puisqu'il est arrêté, le coupable!
GiDON. — Manigances de la bande noire! Ils auront stipendié quelque pauATe diable pour qu'il s'accuse du crime de l'abbé 1
Martin. — Ne pouvait-on attendre jusqu'à lundi avant de l'arrêter! La justice est moins expéditive d'ordinaire.
GiDON. — C'est une manœuvre déloyale!...
Desélecleurs entourent Martin et Gidon et causent entre eux.
Tardietj, à Asiraud. — Il me semble que ça va mal!...
RoNDOLi. — Oui. Le soir de Waterloo.
AsTRAUD. — Dites donc, Rondoli, employez d'autres expressions!... Waterloo.
RoxDOLi. — Bah! Le scrutin est clos! Nos paroles....
AsTRABD. — Non ! non I On ne dit pas ces mots-là !
RoDOLT. -— Et puis, quand nous serions battus....
AsTRAUD. — Battus, battus! C'est à voir.
RosDOLi. — Moi, je n'ai consenti à figurer sur votre liste que pour vous obliger.... Un échec ne m'affligera pas.
On l'appelle. Il s'éloigne.