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ACTE QUATRIÈME

PiÉGXIER, revenant à Astiaud. I! consulte une feuille tic papier.

• — Ah!... Inquiétant.... Inquiétant!... Dites-moi, jo n'ai pas pu causer avec le maire depuis deux jours. Il se trouverait en mauvaise posture, s'il n'était pas réélu?...

AsTRAUD. — Bigre, oui ! Après la déconfiture de la banque Saléron..,.

Régnier. — Il perd beaucoup d'argent?

AsTRAUD. — Deux ou trois cent mille francs, et dans sa situation!... s'il est réélu, tout s'arrange..., il obtiendra des prorogations d'échéance... sinon, dame...

RÉGîiiER. — Est-ce vrai ce que l'on raconte? M. do Petitchamp?...

AsTRAUD. — Oui. Petitchamp voulait se débarrasser de Ferrier. Ils avaient le même banquier, Saléron, très atteint par la faillite de Marclou. Petitchamp, qui soutenait Saléron, a brusquement retiré ses fonds. Saléron a sauté. Il avait mangé tous les dépôîs.

l'n homme est entré et a remis une lisle à Ferrier.

Des VOIX. — Ah! ah! des nouvelles! — Les derniers résultats? — Non. — Combien de voix? — Ne me poussez pas.... Sont-ils élus?... — On n'en sait rien. — C'est la liste ouvrière qui sera élue. — C'est la liste Ferrier.... Zut, alors!

Madame Gidon, qui est entrée depuis un moment et cherchait son mari, le trouve enfin.

Madame Gidon. — Ah! enfin... te voilà!

GiDON. — Que viens-tu faire ici?

Madame Gidon. — J'avais hâte de connaître les résultats. Êtes- vous élus?

Gidos. — Je n'en sais rien.

Madame Gidon. — Combien de....

GiDON, allant à la table du maire — Ah! flchc-moi la paix,

je suis occupé. Adresse-toi à Martin.

Un ouvrier, en rencontrant un autre. — Tiens.... Bon-

•soir.

Le second. — Je viens aux nouvelles.

Le premier. — Nous passerons! Nous passerons!

Le SEC0>D, cherchant à s'esquiver. — Tant mieUx!

Le premier. — Plions au Comité ouvrier.

Le second. — Ah! non.

Le premier. — Pourquoi? C'est à deux pas.

Le second. — Non.

Le premier, voulant l'entraîner. — Viens donc, voyons.

Le second. — Je peux pas, je te dis.

Le premier. — A cause?

Le second. — Je travaille chez la mère Errazura. Si elle apprenait....

Le premier, inquiet. — T'as pas voté pour Ferrier, au moins?

Le second. — On nous a collé son bulletin à la main. Quoi! J'ai une femme et deux mioches. Faut que ça vive.

Le premier. — Ahl bon sang de bon sang!... Des lâches qui trahissent pour un morceau de pain! (S'adressant à un autre ouvrier.) Entends-tu, il n'a pas voté pour Maréchal.

L'ouvrier zingueur. — Ben, moi non plus.

Le premier. — Pourquoi donc ça ?

L'ouvrier zingueur. — Comment! v'ià un ouvrier qui fait une liste ouvrière où il y a des serruriers, des maçons, des boulangers, des peintres, et où y a pas de

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