‹ ThéâtreChapitre 162 sur 174 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Tous. — 162 voix!

Tardieu . — Bravo !

Massebœuf. — Yicloirel

AsTRAUD, à Rajac. — Vous êtes blessé?

RvjAC. — Comme on déclarait le scrutin clos, les amis de M. de Petitchamp se sont précipités sur l'urne. On s'est battu. Us essayaient de m'arracher la boîte. < >n m'aurait plutôt assommé.

Martin et Gidon, lui serrant la main. — C'est bien, mon ami!

Rajac. — Vous passerez, allez. Les cléricaux sont rasés. Ali ! j'ai fait de la propagande dans mou quartier. Mais il fallait empêcher le triomphe de la réaction.

Astraud. — Comment vous appelez-vous?

Rajac. — Rajac!

Astraud. — Venez me voir un de ces jours à la mairie, vous serez récompensé de....

Rajac. — Merci, citoyen, je ne veux rien.... Si j'ai fait le coup de poing, c'est pour mes idées; pour le citoyen Ferrier, qui est un brave homme, pour le citoyen Rondoli qui aime le peuple, pour vous tous qui tenez le drapeau de la démocratie, enfin pour empêcher que la mairie tombât entre les mains des réactionnaires ou de farceurs.

Tardiel'. — Très bien.

On applaudit le citoyen Rajac. On le félicite. On le porte en triomplie. In journaliste est entré, essouffle. Il cherche Régnier.

Le jouR^iALisTE. — Eh bien, patron, ça est!

RèGxNier. — Quoi?

Le journaliste. — Un est élu!

Régnier. — Non, on n'a pas encore tous les résultats.

Le jouuNALisTE. — Mais si.

Hégmer. — Non. (Inquiet.) — Vous n'avez pas fait de bêtises au journal?

Le journaliste. — Nous avons illuminé.

Régnier. — Nom d'une pipe! Pourquoi?

Le journaliste. — Une bande de jeunes gens est arrivée sous nos fenêtres. Ils ont applaudi. Nous avons cru qu'ils revenaient de la mairie, qu'ils étaient renseignés. Alors, je me suis mis au balcon. J'ai annoncé la victoire. Ils sont partis en chantant. Ils ne savaient rien?

Régnier. — Rien.

Cris dans la rue : Vive Ferrier!

Le journaliste. — Les voilà.

RÉGNIER. — Gourez^au journal. Qu'on éteigne!... et

qu'on attende un coup de téléphone avant d'illuminer!

Ah! si nous sommes battus, ce qu'on rira de nous.

Le journaliste sort en courant. Dans la rue cris et applaudissements Brouhaha sur la scène.

Tous. — Pourquoi crie-t-on? Ils sont élus? — Qui?

— Ferrier? — Non, Maréchal. — Je vous dis qu'on crie : « Vive Ferrier! » Écoutez. — Ce sont des voyous.

— On s'écrase en bas. Je ne sors pas.

Ferrier. — En ce moment, messieurs, nous avons deux cents voix de majorité.

Les CONSEILLERS. — Elus! élus! Nous allons être élus.

Ferrier. — Messieurs, nous attendons encore les résultats des quatre bureaux de Bel-Air et des huit bureaux de Saint-Aignan.

II se rassied à sa table. Les conseillers redescendent.

Martin. — Nous conserverons notre avance.

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