ACTE QUATRIÈME
Massebœuf. — C'est certain.
GiDo.N. — Battus, les ratichons!
Tardieu. — Voyons les chiffre's.
AsTRAUD, consultant une liste. — • C'est toujours Vincent qui tient la tète.
Martin. — Incroyable!
AsTRAUD. — Il a 45 voix de plus que le maire.
Tardieu. — Enfin, quel est cet homme, le connaissezvous?
GiDON. — iNon.
Masseuœuf. — Personne ne le connaît. Pas même lesélecteurs.
GiDOJi. — Récapitulons.
AsTRAUD. — Nous avons 52 520 voix. Maréchal 52 HO, Petitchamp 17 900.
Marti.n. — Allons! Allons!... C'est couru!
Tardieu. — Et si nous avions eu la majorité dans le quartier des Filles-Dieu, comme la semaine dernière, nous distancerions Maréchal de mille voix.
GiDON. — Ah! les contribuables pourront se plaindre que l'éclairage est insuffisant dans ce quartier.
Tardieu. — Ou que la police est mal faite.
Massebœuf. — Ce n'est pas d'eux que nous nous occuperons.
Martin . — On pourra bien en assommer dix chaque soir.
Justin, il sapproche de Martin, il tient deux bouteilles de bière.
Très aimable. — La bière que Ivous avez demandée, monsieur le conseiller.
Martin. — Mettez les bouteilles sur la table.
Justin. — Alors, c'est vrai, monsieur le conseiller, vous êtes réélus ?
Martin. — Oui... je crois....
Justin, — Ah ! tant mieux, monsieur le conseiller. On sera bien content à la mairie.
Martin, se retournant. — Ail çà ! qu'est-ce que tous ces gens font ici ?
Tardieu. — Je n'en sais rien.
GiDON. — Nous ne sommes plus chez nous.
Martin. — C'est intolérable. (A un fourrier.) Eh ! Louis.. ..
Faites évacuer cette salle. (A l'électeur r(u'il a fait asseoir.)
Eh bien!... ne vous gênez pas.... Installez-vous!
Le troisième électeur. — Mais je....
Martin. — Vous êtes dans le cabinet du maire, ici, mon brave.... Allons ! Allons! Filez !
Jtistin et Louis font sortir un certain nombre de personnes. Claudia, qui est entrée depuis un moment, se trouve devant Cécile.
Claudia. — Connaît-on les résultats de...?
Cécile. — Non, madame, pas encore.
Claudia. — M. le maire restera dans son cabinet jusqu'après la proclamation du scrutin ?
Cécile. — Oui, madame.
Claudia. — Combien de voix a-t-il obtenu dans le quartier Saint-Âignan ?
Cécile. — Ah ! vous êtes madame Claudia Ravaut?
Claudia. — Oui, mademoiselle.
Cécile. — On nous a dit que M. Guébriant nous a beaucoup soutenus dans ce quartier. Nous lui en sommes reconnaissants. D'ailleurs, mon père vous dira tout à l'heure....
André entre. Il n'y a plus qu'une douzaine de personnes en scène. On l'entoure.
De Riols. — Te voilà ?