SCÈNE IV LAURENT, IRMA, puis ROUx
Laurent. — Où vont-ils?
Irma. — Je n'en sais rien. Je les ai surpris, ce matin, causant ensemble avec animation.
Laurent. — Ma mère devait encore lui parler de son testament.
Irma. — Il a dit, hier, à table, qu'il l'avantagerait. As-tu tâché de savoir ce qu'il compte lui laisser?
Laureist. — Comment m'y prendre?
Irma. — Il y aurait un moyen bien simple de faire tester ton père en ta faveur.
Laurbint. — Lequel?
Irma. — Crois-tu que s'il savait ce qui se passe, il laisserait grand'chose à sa femme? Et si tu lui faisais comprendre... (Mouvement de Laurent.) Quoi ! Ce serait pour ton fils, après tout.
Laurent. — Tu es folle! Enfin, rien ne prouve encore qu'il ne répartira pas entre nous sa fortune de façon équitable, en tenant compte de nos besoins. Ma mère
n'en a pas.
Roux entre par le fond.
Roux. — Ma femme est là?
Lacrent. — Non.
Roux, à Irma. — Allez chercher madame. (Irma sort.) Je viens de voir sortir Reynard et votre mère. Où allaient-ils?
Laurent. — Ils ne me l'ont pas dit.
Roux. ■ — Il faut avoir l'œil sur eux maintenant. Ma femme m'a envoyé Julienne à l'usine. Elle doit avoir à me parler. Vous ne savez pas ce qu'elle me veut?
Laurent. — Ma foi, non.
Roux. — J'étais fort occupé et j'attendais de Saint- Régis. Cette affaire de Lyon ne marche pas toute seule. Ma présence là-bas serait utile. Mais, dame! étant données les intentions de mon beau-père, je n'ose pas m'absenter.
Laurent. — Vous faites bien. (Pause.) A quelle somme estimez-vous le montant de son legs à ma mère?
Roux. — Il a simplement dit qu'il entendait lui