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SCENE III Les Mîîmes, puis REYNARD

Reynard descend en scène. Grand, fort, sanguin. D'allures décidées. Il paraît joyeux. Tout le monde l'entoure. On lui enlève son chapeau, son pardessus. Chacun est plein de prévenances pour lui

Mathilde, apercevant Reynard, — Ah! voilà papa! Madame Reynard. — Eh bien, tu vas mieux ? Mathilde. — Louis vient de nous faire connaître la réponse du docteur.

Laurent. — Il parait que tu es guéri.

Madami- Rkynaud. — Kl tu te faisais du mauvais sang!

Reynard. — Oui, oui, oui. .le vais bien. J'ai pris Arnaud à part, je lui ai dit : v Parlez-moi nettement. Oue pensez-vous de mon état ? » Il m'a répondu : « Vous ne vous êtes jamais mieux porté. » Parbleu! c'est bien mon avis.

Toi'S, sauf Roux, rassurés par le ton de Reynard. — Ail !

Madame Reysaru. — Mais gare aux imprudences.

Mathilde. — Et à la fatigue.

IIey-nard. — Je me soignerai. C'est entendu. (Tirant un papier de sa poche.) Arnaud a griffonné une ordonnance. (A sa femme.) Marie, envoie donc chercher ces drogues.

Madame Reynard. — J'expédie tout de suite Julienne chez le pharmacien.

Elle sorl par le fond, en emportant l'ordonnance.

Reynard. — Ternant, que j'ai rencontré, a paru surpris de ma bonne mine, et Bonnier ne s'attendait guère à ma visite. Je lui ai dit que je reprendrai dès demain mes fonctions au tribunal de commerce.

Laurent. — Te remettre à la besogne ?

Reynard. — Diantre, oui.

Roux. — Ce n'est pas raisonnable.

Reynard. — Suis-je homme à rester les bras croisés? (A Laurent qni allume une cigarette.) Va fumer plus loin, toi. Depuis le début de cette sacrée maladie, l'odeur du

tabac m'incommode. (Laurant va dans la pièce du fond, se jette sur un fauteuil et fume sa cigarette en se chauffant les pieds à la flamme de la cheminée.) Avez-VOUS revu de Saint-Régis*,

Louis, pour notre affaire de Lyon?

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