‹ ThéâtreChapitre 59 sur 174 · ACTE TROISIÈME. . 8r · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. . 8r

(Se rotournaiit.) J'ai reçu dcs lettres anonymes... il y a fort longtemps... Je croyais qu'elles venaient de concurrents jaloux. Sacrées femmes! Si on ne les surveille pas sans relâche... Enfin, que lui manquait-il ici, je vous le demande? Je ne m'occupais pas d'elle. Je ne hii ai jamais refusé un sou, vous entendez bien, Roux, jamais. C'est donc le vice qui la tenait.

Roux. — Un peu de sang-froid, beau-père, ça ne vous vaut rien de vous mettre dans cet état.

Reynard. — Eh! que n'ai-je crevé l'autre jour, avant d'apprendre toutes ces saletés....

Roux. — Vous déraisonnez. Soyez homme, que diable ! et songez au parti à prendre.

Rey.nard. — Le parti? 11 est pris mon parti.... Divorcer avec elle et courir chez ce Tornant pour lui flanquer la main sur la figm'e....

Rodx. — Un esclandre! Vous n'y songez pas.... Cela nous ferait le plus gi-and tort.... Les affaires....

Reynard. — Au diable les affaires !

Rocx. — J'aurai de la raison pour deux. Beau-père, écoutez-moi. Je me doutais bien que vous seriez hors de sens en apprenant la vérité, et j'avais envisagé tous les moyens de sortir de la situation où j'allais vous jeter. Si elle n'avait point eu d'issue, peut-être ne vous aurais-je rien dit. Vous pouvez, si vous le voulez, et sans que personne en sache rien, régler cette affaire.

Reysard. — Je veux, moi, que l'on connaisse la canaillerie de ces deux gredins, et quon les chasse de partout....

Rocx. — Vous serez bien avancé quand le monde saura que vous êtes un mari malheureux. C'est de vous

m L'ARGENT.

(|iron rira. Conlrc voire fcnimo vous avez une vengeance nieilhuire et plus sûre;.

ftEYNAiiD. — Laquelle'.'

Iioi'x. — liefaites volro leslainenl. Vous ne tenc? |)lus sans doute à lui laisser la moitié de votre forlune?

Rey.nard. — Grand Dieu ! Jaimerais mieux tout donner aux pauvres.

Roux, dissimulant mai sa joie. — Diminuez SOU legs. La mesure lui sera plus sensible que tous les procès en divorce.

Reyaard. — Vous n'allez pas me conseiller de la garder chez moi?

Roux. — Non... uon... pas ici... Ma femme désirait une villa que je refusais d'acheter. Eh bien, je vais me j'ésigner à la dépense. Ma belle-mère y vivra avec Mathilde. Vous voyez que je suis prêt à m'imposer les plus lourds sacrifices pour régler au mieux ce... diffélend.

Reynard: — Alors, on se serait fichu de moi impunément?

Roux. — Vous iriez calotter cet homme, injurier votre femme? Et après? Ce sont là des satisfactions basses. Vous divorceriez? Le divorce est réprouvé par l'Eglise. Ce serait un éclat dont monseigneur serait particulièrement affiigé. Enfin, pensez à Laurent, à Mathilde, à moi-même. Vous tenez à marier votre fils. Comment le marier après un tel éélat? Quelle sera la situation de Mathilde dans le monde? Et mes enfants, si j'en ai? Mon cher ami, tout ceci mérite réflexion.

Reynard. — Non... non... non... Il faut en finir.

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