‹ ThéâtreChapitre 58 sur 174 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Uoux. — Eh bien, il se passe ici quelque chose d'indigne... Vous êtes le jouet de deux personnes qui se moquent de vous, et depuis de longues années.

IIeynard. — On me vole? Bousquet peut-être? Je ne le surveillais pas assez.

Roux. — On vous vole... on vous vole... non... C'est votre honneur qu'on vole.

Reyxard. — Qu'est-ce que vous chantez?

Houx. — Là! le mot est lâché... J'ai cru de mon devoir de vous prévenir, et quand toute l'intrigue vous sera connue, vous approuverez sans doute ma démarche... tenez... j'ai là des lettres... J'en prends une au hasard... la première... lisez-la.

Ueynard, il prend la leUre que lui tend Uoux. — « Ma chère

Marie... » C'est adressé à ma femme, ça... C'est signé Albert... Qui est-ce?

Roijx. — Lisez.

Rey.xard, il lit la lettre. — Qu'est-ce que c'est que ça?

(Geste de Roux. Un silence, puis Reynard assène un coup de poing

sur la table.) Tonnerre de Dieu! (Debout.) Ma femme? Où est ma femme? Elle est rentrée?

Rodx, vivement. — Non... pas encore...

Reyxard, sonnant. — Julienne... Irma... Julienne

Rocx. — Que voulez-vous faire?

Reyxard. — Irma! (Julienne paraît). OÙ est madame?

RoiX, violemment à Julienne. — Non... Allez- VOUS-en... Sortez... Sortez... (Julienne sort. A Reynard). VouS étes

fou!... Devant les domestiques! Vous aviez promis

d'être calme. (Reynard se dirige vers la porte à gauche. Koiut

lui barre le chemin.) Vous n'entrerez pas... Elle n'est pas là....

Rkynard. — Laissez-moi passer. Cet homme, qui estce? Son nom?

Roux. — Eh! Je vais vous le dire... mais écoutezmoi... Je vous répète que votre femme n'est pas rentrée... Asseyez-vous donc.

Revnard. — Le nom? Le nom?

Roux. — Je ne vous dirai rien tant que vous ne serez pas assis.

Reynard, appuyé sur le canapé. — Qui est-ce, voyons? Roux. — Quelqu'un que vous connaissez bien... Le banquier.

Reykard. — Ternanl?... Ah! le gredin... C'est impossible!... Mais oui, cette signature... Albert, son prénom. Le bandit ! Voilà le prix de l'argent qu'il prêtait... et elle... elle!... Donnez-moi ces lettres.

Roux. — Qu'en ferez-vous?

Reynard. — Donnez-les moi, je vous dis. Ahl ils ont cru qu'ils pourraient me berner impunément? Eh bien, nous allons rire. Quoi! j'aurais passé vingt ans de ma vie à amasser une fortune, j'aurais roulé les plus malins et l'on se moquerait de moi? Car on doit se tordre à la Bourse. Au tribunal, mes collègues doivent me montrer au doigt... Ah! on ma pris pour un jobard.

Roux. — C'est justement ce qui était intolérable. Aije bien fait de vous avertir?

Reykard. — Oui. Ces lettres, qui vous les a données? RoLx. — Mathilde. Elle les a trouvées par hasard. Nous nous sommes aussitôt consultés sur....

Reynard, qui marche à grands pas dans l'appartement en bousculant les meubles. — Canailles! Ah! si j'avais su...

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