ACTE TROISIÈME
Madame RfïNARO, elTrayéc, elle recule. Voyant entrer Laurent.
elle s'abrite derrière lui. — Défends-moi, Laurent II veut
me battre.
liEYNARn, poursuivant sa femme. — \a-ten....
LairENT, essayant d'arrêter son père. — Papa VovonS...
Ecoute-moi.
Madame Revnard. — Au secours... au secours!
Matliilde et Roux entrent par la droite.
Mathilde. — Ouoi? Qu'y a-t-il?
Iieynard. — Sale bête!
Roux, se jetant sur Reynard. — Beail-père !
Madame Rev^jaro. — Il devient fou.... Il m'accuse (l'avoir un amant.
Rkvnard, furieux. — Et elle nie... Vous entendez
Elle nie... malgré les lettres... malgré tout.... Hors d'ici.
Madame Revnard. — Mais défendez-moi donc, vous autres, vous savez bien cpje c'est faux.
Rey>ard. — Ne mens pas. C'est inutile.... Ils connaissent tes infamies. Tu ne veux pas partir?
MATmiDE, tâchant d'emmener sa mère. — Viens... VOyOHS. Madame Reysabd, que la colère commence à gagner. — Je
suis chez moi. '' -
Reysard. — Chez toi? Tu n'y resteras pas longtemps. Un bon divorce me délivrera de toi, et je te jetterai dehors, comme une fille.
Madame Retnard, aux autres. — Alors, vous me laissez insulter? (A Laurent.) Tu laisses insulter ta mère! Vous êtes donc tous d'accord?
Reynard. — Oui, oui, tous, depuis que nous savons ce que lu vaux.
Madame Ri-Y.N.\nD. — D'accord? Ce n'est pas possible 1 Voyons, hein, Mathilde? Roux? et toi, Laurent? Répondez donc... Vous ne dites rien?
Reykard. — Non. Ils ne diront rien. On te chasse. Nous te chassons ; nous ne voulons que des gens honnêtes dans notre famille.
M.\DAME Reynard, à Laurent. — Mais parle donc, toi.... Ce n'est pas vrai.... Tu ne t'es pas mis contre moi, ni toi, ni vous. Vous ne croyez pas un mot de ce qu'il raconte? Vous ne vous êtes pas entendus avec lui?
Reïxard. — Nous nous débarrasserons de toi, va. Ah! je comprends pourquoi tu me pressais de tester.... C'est ma fortune que tu convoitais pour te goberger avec l'autre. Mais tu n'am^as pas un sou, tu entends bien, pas un sou. Je te déshériterai.
Madame Reynard, furieuse. — Ah ! tu me déshériteras ! Ah! tu ne me laisseras pas un sou! Ah! vous vous êtes entendus pour vous débarrasser de moi et pom^ me voler mon argent. Mais vous ne l'avez pas encore. Je plaiderai. Je vous ferai connaître. Des gens honnêtes! Ah! ah! Tu me reproches d'avoir eu un amant. Eh bien, c'est vrai.... (Reynard : Canaille.) Mais qui me l'a
donné? toi (Reynard : Oh! — Laurent ; Tais-toi — Roux : Vous
êtes folle.) C'est toi. Il ne fallait pas m'envoyer chez lui quémander des faveurs, solliciter des prêts. Il fallait y aller toi-même. Mais tu n'avais pas tant de scrupules, quand tu étais au bord de la faillite. Si tu n'as pas sauté, c'est grâce à moi, c'est grâce à lui qui ne faisait pas protester tes billets. Tu m'y expédiais tous les jours à sa banque. Tu profitais de mes saletés à l'époque. (Mathilde : Tais-toi. — Laurent : Maman! — Roux: Voulez-vous tous