‹ ThéâtreChapitre 68 sur 174 · SCÈNE m ROUX, REYNARD · texte numérisé non relu

SCÈNE m ROUX, REYNARD

Rey.nard, après un silence. — Savt.'z-vous d'où je viens?

Rocx. — Non.

Reynard. — De chez le procureur.

Roux. — Pas possible.

Rey.nard. — Je sors de chez lui. Il m'a fait appeler ce matin. Miguel a déposé une plainte.

Roux. — Patatras !

Reysard. — Naturellement, j'ai couru chez Miguel. Il est absent, pour deux jours. Le gredin ! 11 a eu peur de moi.

Roox. — Vous avez lu l'article de Vlntégritél

Reynard. — Quel ai'ticle ?

Rocx, lui tendant le numéro t]ui esl sur la table. — Tenez...

cet entrefilet... là....

ReYiNARD, après l'avoir parcouru, furioux. — Ah!... ils Seront

[dus explicites la semaine prochaine... nous verrons.... Cost Marie qui a monté ce coup avec son banquier.... (Avec un geste de menace.) Celui-Ià!... mon avoué m'a conseillé la prudence dans mon intérêt même... mais quand le procès sera clos!

Roux. — Enfin, que vous a dit le procureur?

Revxard. — Il a été très aimable.... Il m'a dit qu'il serait désolé d'avoir à poursuivre un négociant de mon importance, juge au tribunal de commerce. Moi, je lui ai expliqué qu'il y avait eu quelque erreur involontaire dans la fabrication des chocolats... qu'ils avaient été mal cuits... ou que le cacao dont on s'était servi était avarié... que les employés avaient négligé de le vérifier. . . .

Roux. — Bref?

Reynard. — Bref, si on abandonne la plainte, il classera l'affaire.

Rodx. — L'abandonnera-t-on ?

Reynard. — Parbleu !

Rocx. — Vous croyez?

Reynard. — C'est ma femme qui l'a fait déposer, n'est-ce pas?

Rocx. — Sans aucun doute.

Reynard. — Eh bien, elle la fera retirer.

Roux. — Vous comptez là-dessus, sérieusement?

Reynard. — Oui.

Roux. — Ah ç.à, comment avez-vous la naïveté d'espérer que ma belle-mère va renoncer, pour vous être agréable, à une vengeance qu'elle tient dans sa main? Vous êtes iou.

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