SCÈNE VIII REYNARD, ROUX, LAURENT, MATHILDE
Mathilde. — Julienne vient de me remettre ce journal. Est-ce de nous qu'il est question?
Roux. — Oui. C'est ta mère quia inspiré cet article.
JVUthilde. — Ah! par exemple!... Il faut éviter ce procès.
Laurent. — Sans doute, il faut l'éviter.
Reynard. — Mais vous n'avez pas entendu? — Elle exige cent cinquante mille francs comptant; et une reconnaissance de pareille somme.
Mathilde. — Cent cinquante mille francs!
Roux. — Croyez-vous qu'on n'obtiendrait pas sur ce chiffre un petit rabais?
Reynard. — Ah! ouatl... Elle vous Ta dit... C'est son dernier mot...
Mathilde. — Et le testament?
Roux. — Oh! Le testament serait déchiré... Elle n'aurait plus droit à rien à votre mort, n'est-ce pas?
Reynard. — Sauf au montant de la reconnaissance qn'elle réclame.
Laurent. — Non, au lieu de faire une reconnaisance, tu ferais une donation... Et dans un nouveau testament, tu la révoquerais.
Reynard. — Les donations sont révocables?
Laurent. — Entre époux, oui.
Roux. — Vous en êtes sûr?
Laurent. — Certain. J'ai fait un peu de droit.
Roux. — Alors... si ce n'est plus qu'une somme de cent cinquante raille francs...
Reynard. — Pas un sou! Je refuse de la garder sous mon toit.
Roux. — Alors, c'est vous qui allez nous mettre dans l'embarras?
Laurent. — Si les difficultés viennent de ton côté, maintenant !
Roux. — Vous n'allez pas provoquer sans raison un pareil éclat.
Mathilde. — 11 ne faut pas de scandale. M. de Saint- Régis me le disait encore hier au soir. Si tu peux l'éviter...
Laurent. — Il le peut.