‹ ThéâtreChapitre 115 sur 148 · Scène XI · texte numérisé non relu

Scène XI

Dante. — Ou'osera-t-il ? ce Nello ? Il ne la tuera pas trun coup d'épée, non ! Il lui cherchera, à elle aussi, quelque lîiort sournoise, le poison sans doute. Et je serai revenu trop tard ! Et c'est pour me la monti'er pâle, de la pâleur dernière, que tu surg-is, lune sinistre !... (Une ombre se dessine à la fenêtre.) Cette ombre? (La fenêtre s'ouvre. Gemma paraîL) Elle !.. (A lui-même.) Comment l'avertir ?

(Il s'approche. A ce moment. Gemma se retourne vers la chambre, où parait, près d'elle, l'ombre de Nello.)

Gemma. — Vous, Seig'neur?

(Du haut des marches du piédestal, Dante regarde.)

Dante. — Nello ! (Gemma referme sa fenêtre: sa silhouette disparait.) Nello ne va pas hii révéler sa honte; il lui dira... (La lumière s'éteint.) Pourquoi ceci ? Est-ce qu'il l'a fait sortir de la chambre? ou s'il veut ?.. Quel silence ! Tout mon sang" sefig'e ! (Un cri déchirant part de la maison. Dante, glacé, se retient à la colonne.) Saints du ciel ! Je ne deviens pas fou ? Une voix de femme a bien crié... (Il écoute, frémissant. Le cri se continue en gémissement d'agonie.) Ah ! quelle horreur! Vais-je mourir là, sans pouvoir faire un pas ?

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