‹ ThéâtreChapitre 138 sur 148 · LA PORTE DE L'ENFER · texte numérisé non relu

LA PORTE DE L'ENFER

Derrière Virgile, à droite, en oblique, se dessine, tout à coup, une énorme arcade de rochers, où luisent, en lettres de feu, ces mots :

« Vous qui entres laisses toute espérance »

Au delà de cette arcade, par où s'échappe un tourbillon de fumées rouges, monte une clameur terrible, faite de hurlements et de sanglots.

Dante, frémissant et reculant. — C'est là qu'il faut te suivre ?

Virgile, doucement. — Oui ! Viens ! Donne-moi ta main, Dante, et reprends courag-e ! Celui que tu nommes ton maître est moins ton maître que ton ami !

Dante, s'enhardissant, le suit à travers la fumée ; la vapeur qui s'échappe de la porte envahit le Gampo-Santo ; les arbres, les tombes, tout disparait... Les cris redoublent, et l'on distingue ces paroles que, dans tous les cercles de l'enfer, les damnés répéteront comme un refrain ;

« Maudits soient nos pères et nos mères, et le jour et l'heure où nous sommes nés ! »

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