Scène II
Les MÊMES, LEFEBVRE entre, vivement, en tenue de service, salué militairement par les officiers. Constant sort.
Lefebvre, très inquiet. — Où est donc l'empereur?
Lauriston. — L'empereur est dans sa chambre, monsieur le maréchal.
Lkfebvue. — ^'oulez-vous m annoncer, monsieur de Lauriston?... (Pendant que Lauriston passe chez l'empereur^ Lefebvrc vient à Catherine qui lui prend la main. A mi-voix). Je
commençais à m'impatlenter ! Qu'est-ce qui se passe ? Il connaît l'esclandre ?...
Catherine, de même. — Oh ! s'y n' s'ag-issait qu' d' ça 1... bas en l'emmenant à l'écart. — Neipperg- est rev'nu ! C'te nuit !
Lefebvre, de même. — Allons donc ?
Catherine. — Et juste au moment où j' partais, l'empereur l'a surpris...
Lefebvre. — Comment ?
Catherine, désignant le fond. — Là ! à la porte de...
Lefebvre, sursaute. — Quoi ? La femme ? C'est ?...
Catherine, vivement. — Chut !
Lefebvre, bouleversé. — Ah ! Tonnerre ! Et alors?...
Catherine. — Oh ! Alors, une scène ! Tu penses ! L'empereur, furieux, a fini par lui arracher ses aig"uillettes. Neipperg- a tiré son épée !
Lefebvre. — Sur l'empereur ?...
Catherine. — Oui !...
Lefebvre. — Il est perdu ! L'empereur m'appelle pour le faire fusiller !
Catherine. — Sûrement !
Lefebvre. — Ah ! Cré Dieu ! Et il faut que ce soit moi !...
Lauriston reparaît.
Lauriston. — Monsieur le maréchal, Sa Majesté vous attend.
Lefebvre. — J'y vais ! (Il remonte d'un pas.) Catherine, bas. — Refuse !...
Lefebvre, bas, désolé. — Est-ce que je peux ? Il entre chez l'empereur, salué au passage par les aides de camp.