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Scène XV

Les mêmes. FOUGUE, entré sur les derniers mots.

Fouché, avec une figure de circonstance. — Ah ! certes, non, sire ! Je sais trop que, prompte aux justes colères,

108 THEATRE DEMILE MOREAU

Votre Majesté l'est aussi à la clémence, et qu'avec Elle, il faut toujours en appeler de César à Auguste. Posté à la g-rille du château, j'ai vu (Emu.) ce malheureux jeune homme, dans la voiture de M. de Rovig-o, entre ses ag-ents — d'anciens ag-ents à moi — et je pensais : — Dire qu'un mot suffirait pour éparg'ner à l'empereur un grand regret ! « Monsieur est libre ! Sa Majesté fait grâce ! »

L'Empereur. — Eh ! oui, voilà ce qu'il fallait dire !

FoucHÉ, humble. — Mais à quel titre, sire V A moins d'ajouter : « Nous n'avez plus d'ordres à recevoir de M. de Rovig-o ! Le ministre de la police, ce n'est plus lui, c'est moi ! »

L'Empereur. — Eh ! Que ne l'avez-vous dit ! C'était la vérité ! Vous l'êtes, et monsieur ne l'est plus !

Savary sursaute.

FoucHÉ. — Et Votre Majesté m'aurait pardonné cette anticipation de pouvoirs ?

L'Empereur. — Ah ! certes, oui !

FouGHÉ, hardiment. — Alors, tout va bien, sire! C'est fait!

L'Empereur. — Quoi ?

Catherine, debout. — Hein ?

FoucHÉ. — M. de Neipperg- roule vers Soissons, dans la voiture que veut bien lui prêter M. le duc de Rovig-o.

L'Empereur, enchanté. — Pardieu ! Voilà d'un maître homme !

Catherine, serrant la main de Fouché. — Ah! c'est bien, ça I Ah ! Que c'est donc bien !

Roustan a reparu.

L'Empereur, à Savary. — Un courrier, vite ! Qu'il rejoig-ne la voiture de M. de Neipperg", et lui remette cette lettre, pour l'empereur d'Autriche !

Roustan la donne à Savary.

Catherine, désignant l'épée restée sur la table. — Vous n' lui rendez pas aussi son épée, sire ?

L'Empereur. — Si fait ! A condition qu'il en fera un meilleur usag-e !

Il la remet à Saint-Marsan, qui salue et sort. Savary s'approche de Fouché.

Savary, exaspéré, à mi-voix. — En somme, vous avez usurpé mes fonctions ?

Foi'CHÉ, en ouvrant sa tabatière. — Toutes! Mon cher duc! Toutes !...

Savary sort, très niéconlent, après avoir salué l'empereur, qui lui tourne le dos et vient à Fouché.

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