Scène première
A droite, des sièges auprès d'une table. A gauche, un lit bas, enveloppé d'étoffes flottantes. Sous la surveillance de STREP- SIADE, DES ESCLAVES, disposent des fleurs, placent des sièges, un au premier plan à gauche, l'autre près du lit. DES LEGIONNAIRES, veillent au dehors.
Strepsiade. — Encore quelques fleurs, ici! Des myrtes de préférence, ainsi qu'il sied chez de nouveaux époux. Et mariez toujours le myrte au laurier! (Venant au lit.) Voyons: Seront-ils suffisamment protégés contre la fraîcheur de la nuit ? C'est tout au plus. Encore un manteau, là ! Et vivement ! Ce palais, que Sylla faisait construire quand il est mort, n'a jamais été habité. Cela se voit de reste. Le divin Antoine aurait pu trouver à Actium une demeure moins somptueuse, mais où Ton n'eût pas tout à improviser. Qu'est-ce que tu fais ici, toi ? Va donc t'occuper de tenir le vin frais pour le souper.
L'Esclave. — Est-ce que Marc-Antoine soupera avec tous ses amis ? ou avec Octavie seulement ?
Strepsiade. — C'est ce que nous saurons d'ici peu. En attendant, va ! Et ne t'arrête pas à faire l'aimable avec les suivantes d'Octavie.
L'Esclave. — Moi ?
Strepsiade. — T'en iras-tu ? (L'Esclave sort par la droite.) Vous, allez me chercher sur la barque en question ce tapis de Babylone dont je vous ai parlé, et que vous mettrez là... (Il désigne le pied du lit; les esclaves vont pour sortir. A ce moment paraissent, sur la terrasse qui domineles flots, Démétrius, Dellius, Dercetas et Juba.) Démétrius ! (Vivement, à mi-voix.) Vous attendrez pour l'apporter que je vous fasse signe !
(Les esclaves sortent par la droite.)