‹ ThéâtreChapitre 81 sur 148 · Scène première · texte numérisé non relu

Scène première

OLYMPUS, appuyé à une colonne du péristyle, et UN GROUPE D'ESCLAVES, D'INTENDANTS, DE GAR- DES et D'OFFICIERS, écoutent, inquiets, les rumeurs qui montent de la ville. Tout à coup, ces rumeurs se mêlent d'appels de trompettes.

U\ Officier. — Ecoutez ! Voici qu'on sonne aux armes !

Olympus. — Quoi ! Les vaisseaux annoncés sont à peine dans le port.

Ux Intendant. — Ecoute!

(Le devin Satni parait sur le seuil du temple, à gauche.)

Le Devin. — Que sig-nifie ce tumulte dans les jardins de la Reine ? Et ces trompettes haletantes qui viennent troubler jusque dans le sanctuaire les prêtres de nos dieux ?

Olympus. — La flotte est de retour...

Le Devin. — Déjà ? La bataille attendue n'a-t-elle pas eu lieu ?

Olympus. — Ou la flotte vient-elle chercher des renforts ?

Un Intendant, qui remonte. — Nous ne pouvons tarder à le savoir.

Olympus. — Les hommes que tu as envoyés aux nouvelles ?...

L'Intendant. — Aucun n'est de retour.

Olympus. — Envoies en d'autres... (Sur un ordre del'Intenilant, des esclaves s'éloignent en hâte.) Ah ! que ne puis-je les suivre !... Hélas ! Plus que le poids des années, plus que ce soleil accablant, Tang-oisse brise mes g-enoux...

(Un intendant descend avec un esclave qui vient d'arriver par le fond à droite. Tous descendent, les entourent.)

L'Intendant. La reine vient d'arriver au palais... (Mouvement.)

Olympus, avec un pas à droite. — Eiifin ! nous allons savoir par elle...

L'Intendant, l'arrête. — Vous ne saurez rien... La reine s'est enfermée. Il est défendu de troubler son repos.

Olympus. — Faut-il croire à une défaite ?

Le Devin. — Est-ce que Marc-Antoine accompag-nait la reine?

L'Intendant. — Non. Les vaisseaux de la reine avaient sur lui une heure d'avance, et Marc-Antoine ne fait qu'arriver dans le port...

Un Garde, qui arrive à grands pas. — Il y est abrité maintenant ; il y range ses galères, après avoir fermé derrière lui la passe de l'Arsenal à grands renforts de chaînes...

Le Devin. — Manœuvre-t-il pour attirer Octave?

Olympus. — Ou, déjà vaincu, craint-il d être poursuivi jusqu'ici ?

(Nouvelles sonneries.)

Un Esclave, qui accourt, très troublé. — Malheur sur nous ! On sig-nale la flotte romaine ! (Mouvement.) Olympis. — Dieux puissants !

TiiYitsKLs, entré depuis peu. — Eh, oui, celle d'Octave. Grossie des vaisseaux qu'il a pris à Marc-Antoine. (Mouvement, rumeur.)

Le Devin. — Que dis-tu ?

(Les gardes et les intendants se sont approchés.) Olympus. — Ainsi, la défaite que nous redoutions ? TïnMiSEUs. — La défaite n'est que trop réelle. Et, victorieux, Octave s'est mis à la poursuite d'Antoine. Avant la nuit, les Romains auront débarqué sur la côte, et Alexandrie sera investie de toutes parts.

(Mouvement de terreur et rumeurs de tous.)

Olympus. — Dieux puissants ! La ville investie ? Le Devin. — Que la Trinité sacrée nous protège !

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