SCÈNE V
FRANÇOISE, CHAMORIN
Chamoris, changeant sa voix, les doigts toujours sur les yeux de Françoise. — Qui est-ce?
Françoise, riant. — Pardi 1 C'est vous, monsieur Jules.
Chamorin. — Qui est-ce?
Françoise. — Ce n'est guère malin... C'est vous, bien sûr.
Chamorin, la baisant sur le cou. — Qui estce?
Françoise, ravie. — Tiens 1 vous m'embrassez... {Chamorin lui prend coup sur coup plusieurs baisers.) Ah ! je n'aurais pas cru cela de vous. Quand je passais, vous ne me pinciez seulement pas.
Chamorin, de sa voix naturelle. — Appelle-moi ton gros bébé? i
Françoise, se dégageant et se retournant. — Comment ! c'est encore vous? Par où êtes-vous entré? Qu'est-ce que vous fichez-là?... Allezvous-en bien vite I
Chamorin. — Ecoute, un mot seulement.
Françoise. — Ah 1 vous en faites de belles, monsieur ! Vouloir s'introduire, dans ma chambre, pendant que mon mari est en train de soigner sa tante qui a la jaunisse ! Et votre femme qui arrive, qui vous pince... Elle vous pince toujours, votre femme
Ch.^mouin. — Justement, je voulais te rassurer... J'ai arrangé l'affaire avec ma femme.
Françoise. — Vous ! Mon pauvre monsieur, vous me faites de la peine. Voulez-vous parier que votre femme va vous pincer encore?
Chamorin, très inquiet. — Hein? pas de plaisanterie !... Elle est là, tu crois?
Françoise, riant. — Elle va vous pincer.
Chamorin, perdant la tête. — Maisjemesauve, mais je vais me fourrer quelque parti... Moi qui lui ai promis de ne plus te regarder en faca I
Ah ! mon Dieu, la voilà '. {Au moment où il ca se cacher tlcrrière le lit, Putois entre par la droite, portant un pain et des bouteilles.)