‹ ThéâtreChapitre 4 sur 151 · LAURENT. THÉRÈSE. MADAME RAQUIX, CAMILLE · texte numérisé non relu

LAURENT. THÉRÈSE. MADAME RAQUIX, CAMILLE

Camille pose, assis dans un fauteuil, ù droite. Il est €n habit, se lient avec la raideur d'un bourgeois endimanché. — Laurent peint, debout à son chevalet, devant la fenêtre. — Sur une chaise basse, à côté de Laurent, Thérèse accroupie, rêve, le menton dans ta main — Madame Raquin achève de desservir la table.

Camille, après un silence^ — Puis-J8' parler? ça ne te dérange pas?

Laurent. — Pas du tout, pourvti que tu te tiennes tranquille.

'Camille. — Après le souper, si je ne parle pas, je m'endors... Tu es heureux de te bien porter. Tu peux manger de tout... Je n'aurai-s

pas dû reprendre de la crème. Elle me fait du mal. J'ai un estomac de quatre sous... Tu aimesbeaucoup'la crème?

Lafeent. — Mais oui, c'est doux, c'est très ■ bon.

Camille.:; — Om connaît teS goûts, ici. On a fait de la crème exprès pour toi, bien qu'ont sache qu'elle m'est contraire. Maniante gâte... N'est-ce pas, Thérèse, que maman gâte Laurent?

Thérèse, sans lever la tête. — Oui.

Madame Raquih, emportant une pile d'assiettes. — Ne les écoutez pas, Laurent. C'est Camille qui m'a révélé que vous préfériez la crème à la vanille, et c'est Thérèse qui a voulu la glacer avec du sucre en poudre.

Camili,e. — Tu es une égoïste, maman.

Madame Raquin. — Comment 1 je suis une égoïste.;.

Camille, à madame Raquin qui sort en souriant. — Oui, oui... (.1 Laurent.) Elle t'aime, parce que tn es de \ ernon, comme elle. Tu te

rap|»e;ies, quand nous étions petits, les sous qu'elle nous donnait...

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