SCÈNE XIV
MADAME FIQUET. l.EDOU.X
Madame Fiquet, n la cantonade. — Reste sous le berceau. Minette. (Entrant, poussant LedoHX devant elle.) H est inutile que la pauvre chérie entende... (.1 Lcdoux.) Oui, ma cousine vous faisait embrasser sa main.
Ledoux. — Je vous .assure, madame...
LES HÉRITIERS RABOURDIX
Madame Piquet. — Vous êtes ridicule, voilà que vous rougissez maintenant ! Je vous parle de cela uniquement au point de vue de notre affaire... Oui ou non, épousez-vous toujours ma fille Eugénie?
Ledoux. — J'aime mademoiselle Eugénie, et si les espérances que vous m'avez fait entrevoir se réalisent...
Madame Fiquet. — Oh ! pas de phrases... Je donne à Eugénie cent mille francs de dot. En outre, si vous êtes gentils tous les deux, je vous laisserai la maison... Vous seriez bien, ici.
Ledotjx. — Je me permettrai de vous faire remarquer, madame, que nous n'y sommes pas encore. Monsieur Raljourdin...
Madame Fiqtjet. — Il est au plus mal, mon cher... D'ailleurs, cette pauvre Minette ne saurait attendre davantage. Son oncle comprendra... Voici deux mariages déjà qu'il lui fait manquer, et elle aura bientôt vingt-deux ans.
Ledoux. — Enfm, je crois qu'il serait bon d'attendre...
Mada.me Fiqtjet. — Le mariage aura lieu en septembre, au plus tard. Voyez si cela vous arrange... Nous valons cent mille francs, au bas mot. Le dernier épouseur de Sentis s.ait cela... Oh 1 rompons, si vous voulez. Nous y gagnerions monsieur... (Remontant et désignant son panier.) J'ai là, en note, des partis : un de cent quatrevingt mille, un de deux cent vingt mille, un de deux cent mille...
Ledoux. — Eh I non ! non ; j'épouse. L'affaire est conclue.
Madame Fiqtjet. — \'ous épousez ! L'affaire est conclue ! Touchez là... Vous pouvez aller retrouver Eugénie sous le berceau. (Ledoux sort.) Mon Dieu ! que ces enfants me donnent du mal 1 (Elle s'asseoit sur le canapé.)