SCENE PHEMIEHE
FRANÇOISE, RIBALIER
Françoise. — Alors, monsieur, quand j'ai vu madame enfiler si vite le corridor, je l'ai suivie
tout doucement... Depuis ce matin, comme vous me l'avez recommandé, je ne quitte pas ses talons.
Ribalier. — Très bien I... Alors?
Françoise. — Alors, monsieur, elle était entrée dans la chambre de ce militaire.
Françoise et Ribalier.
LE BOUTON DE ROSE
RiBALiEK. — Dans la chambre, saperlotle !... Alors?
Fran^joise. — Alors, monsieur, ils riaient làdedans... Oh ! ils se faisaient du bon sang, bien sûr ! (Elle lit.)
R1B.A.LIER. — Ils riaient, ils riaient... Tu trou vas ça drôle, toi? Sois convenable, entends-tu !... Alors?
Fr.vnçoise. — Alors, monsieur... Dame ! je n'en sais pas phis long, je n'y ai pas mis le nez I
RiBALiER. — Comment ! tu n'as pas pénétré dans la chambre?
Fkan^çoise. — Ah I ça, non !
RiBALiER. — Et tu les as laissés ensemble?
Françoise. — Mais oui... Je suis descendue vous dire ce qui se passait.
RiBAi.iER. — \'eux-tu bien vite remonter ! Plante-toi à la porte, entre sous un prétexte quelconque et dis-moi tout?
Frakçoise. — Je cours, monsieur, je cours 1 (Elle sort vivement par la gauche.)
RiBALiER. — Quelle journée ! Pas un quart d'heure de repos ! Toujours dans des transes, toujours en observation ! Une femme parle à tant de monde dans une maison comme la nôtre!... Ah ! je donnerais beaucoup pour être à demain et voir revenir Brochard. Car je les ai assez pratiquées, je sais que les plus innocentes sont souvent les plus terribles... Et dire que c'est moi, Ribalier, moi, chargé de si doux larcins, qui, aujourd'hui, ai la mission de garder... Non, si on s'en doutait, ce seraient des gorges chaudes dans toute la ville !