‹ ThéâtreChapitre 98 sur 151 · SCENE PREMIÈRE PUTOIS, RIBALIER · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE PUTOIS, RIBALIER

Putois, entrant par le cabinet de toilette. — Comment, monsieur, vous dormez encore 1

FiiBALiEB.— Non, Putois, je réfléchis.

Putois. — Mais il est dix heures ! Et un beau soleil ! Monsieur veut-il que j'ouvre ?

RiîALiEK. — Ouvre, mon garçon, ouvre... J'ai besoin d'air.

Putois, écartant les rideau^:. — Monsieur a mal dormi?

HiBALiEB. — Je n'ai pas dormi du tout.

Putois, passant et allant se planter au pied du la. — Bon Dieu ; que monsieur a mauvaise mine ce malin ! Encore qucUiue fredaine... (Sévèremenl.) Ce n'est pas une conduite, ça !

Rtbalieb (1). — Va, gronde-moi. (// se lève, tous les deux descendent.)

Putois. — Bien sûr, je vous gronde ! Je vous sers depuis -vingt ans, j'ai le droit de dire que vous menez une vie de polichinelle.

RrBALiER, à demi-voix. — Oh I ces vieux servitouns, francs comme l'or !... On n'en fait plus de pareils.

Putois. — Avec ça, vous êtes fini.

Ribalier. — Putois I

Pi-Tois. — Je vous sers depuis vingt ans, j'ai le droit de dire que vous êtes fini.

Ribalier. — C'est bien, assez. Je me corrigerai, 'lu es un honnête homme, toi.

Putois, pris d'un attendrissement subit. — ' MiMisicur. monsieur...

FtiBAiTER. — Ah ! non, pas cette chanson -là, maintenant. Reste en colère,mon garçon.J'ainie autant ça.. Et sers-moi à déjeuner ici.

(1) nib.illor Putois.

Putois. — Oui, monsieur. {Il prend la table et la met au milieu.)

Ribalier, hésitant, anxieux. — Tu n'as pas vu Broehard?... Il est revenu cette nuit, n'est-ce pas?

Putois. — Je l'ignore... J'ai veillé une de mes tantes qui a la jaunisse.

Ribalier. — C'est bon, sers-moi à déjeuner.

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