‹ ThéâtreChapitre 99 sur 151 · SCÈNE 11 RIBALIER, JULES, PUTOIS · texte numérisé non relu

SCÈNE 11 RIBALIER, JULES, PUTOIS

Jules, sortant de sa chambre. — Bonjour, mon onde. 11 fait donc jour enfin, chez vous?

Ribalier. — Ah ! c'est toi?... J'ai à te parler, à te consulter... (A Putois.) Mets deux couverts. Mon neveu déjeunera avec moi. (Putois sart.)

SCE.XE Ml RIBALIER, JULES

Jules. — Eh bien? et cette nuit?

RiBiU-iER. — Oh '. mon ami, mon ami, une histoire !

Jules. — >'raiment !

RtBALiER. — Tu nti t'imagines pas.

Jules. — Tiens ! tiens 1

Ribalier. — D'abord, une femme adorable... J'en ai connu, n'est -ce pas? el des blondes, et des brunes, des petites, des grandes, enfin toutes les variétés de l'espèce... Mais jamais je n'en ai rencontré une aussi adorable...

Jules. — Jamais?

Ribalier. — Jamais, jamais !

Jules. — Madame Cliamorin?

Ribalier. — Ilortense ;... Ah ! mon garçon.

LE BOUTON DE ROSE

ne me parle pas d'elle! La nuit et le jour avei: l'autre.

.IxTLEs. — \'oyez-vous ça !

RiBALiER. — J'arrive, la pauvre petite avait soufflé sa bougie. Je devine qu'elle est là toute tremblante. Je respecte son émoi... Et pas un mol, mou ami, pas un mot.

JtfLES — Pas un mot?

RiBALiER. — Non... Je hasarde quelques phrases tendres. Aucune réponse. Do la timidité, tu comprends. J'adore la timidité. Alors, je ne cause pas davantage... Tout à coup, éclate un bruit aflreux...

Jfles. — Diable I

RrisALiER. — On piétine dans l'escalier, on ébranle la porte, on l'ouvre violemment... C'était le mari.

Jules. — Brochard'?

RiBALiER. — Brochard !

Jules. — Vous l'avez vu?

Rlbalier. — Pas précisément. Je l'ai senti... Un mari seul peut faire une entrée aussi inconvenante.

Jules. — Et il vous a vu?

RiBALiER. — Je le crois... J'ai filé par la porte de communication, et j'étais si troublé, que je me suis jeté sur mon lit, en ayant l'air de ronfler très fort, pour détourner les soupçons... La pauvre chérie a dû avoir une explication terrible. Pent-être a-t-elle réussi à le dépister... Je suis dans les transes.

Jttles. — C'est grave.

Rtbalier. — Le pis est que j'ai dû laisser ma bague dans la chambre... Tu sais, la bague que je porte au petit doigt.

Jules. — Une preuve.

RiBALiER. — Justement, une preuve... Si Brochard l'a trouvée, je suis perdu. Depuis ce matin, je l'attends. H ne paraît pas. Il doit manigancer quelque chose... Que lui répondre, grand Dieu I

Jules. — C'est grave, très grave... Brochard est une des plus fines lames que je connaisse.

RiBALiER. — Ne dis pas cela h.. Je suis un gredin. Abuser moi-même dn dépôt qu'un vieil ami m'avait confié !

Jules. — Bah ! vous en serez quitte pour un coup d'épée.

RrsALiER. — Je t'en prie, ne dis pas cela !... Non, non, il faut réfléchir, trouver un moyen. Je vais d'abord m'habiller, pour avoir une tenue plus digne. Puis, nous chercherons en déjeunant.

Feajtçoisb, entrant avec du linge et une pile d'assiettes. — Monsieur, j'aide Putois à mettre la table, ça ira plus vite.

RiBALiER. — C'est bon. Dépêchez-vous...

(A Jules.) Réfléchis, mon garçon, réfléchis. (// entre dans le cabinet de toilette.)

SCEXE IV

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