SCÈNE VI Les Mêmes, IVAN
IVAN
Cette porte ouverte! pas de sentinelles! — il s'est enfui !
ANDRÉ boleski
C'est Ivan!
IVAN
Vous, mon père! qu'est-il arrivé?
(Ivan arrache les chaînes qui lient encore Boleski.)
Merci... Sois bon!... oublie ta haine... aide-moi à délivrer ton frère.
IVAN
Mo;i frère ! (Après un silence.) Oui, je le délivrerai.
(Boleski, aidé par Ivan, délie Etienne qui se redresse et étend les bras.)
ANDRÉ BOLESKI
Rejoins tes compagnons.
ETIENNE
Et vous?
ANDRÉ BOLESKI
Ne t'inquiète pas de moi. Je n'ai rien à craindre. Pars.
(Etienne va vers le fond. Ivan s'est placé devant la porte.) IVAN, à Etienne.
Vous ne sortirez pas d'ici.
ANDRÉ BOLESKI
Juste ciel!
IVAN
Je t'ai délié pour que tu pusses te défendre.
ANDBÉ BOLESKI, se jetant entre eux.
Mes enfants!...
Soyez tranquille, mon père, je ne me battrai pas avec votre fils.
IV AN
Tu te battras! j'aime ta fiancée.
ANDRÉ BOLESKI, à Ivan.
Tais-toi!
ETIENNE
Elle ne vous aime pas.
IVAN
J'en ferai ma femme.
ÉTIKINNE
NonI
IVAN
Ou ma maîtresse,
ETIENNE
Misérable!
ANDRÉ BOLESKI, à Etienne.
Etienne !
» IVAN
Je hais ton pays plein de lâches tels que toi !
C'est ton frère, malheureux!
IVAN '
Lui, votre fils? peut-être. On sait ce que vaut sa mère!
ETIENNE
Oh! Je vous tuerai!
IVAN
Allons donc! Et si tu n'as pas d'arme... (i van arrache lépéo de Boieski.) Tiens, prends celle-ci!
(Etienne a saisi l'épée. Les deux jeunes gens tombent en garde.) ANDRÉ BOLESKI
Caïns, vous ne vous frapperez qu'à travers moi!
(Les deux jeunes gens baissent la tête.) VoyOUS, CnfautS, c'csL Une
affreuse folie! (Un silence.) Toi, Etienne, rends-moi cette
épée. (Etienne, très ému, donne l'épée.) Mcrci. (A Ivan.) Toi, Ivan,
remets la tienne au fourreau, (ivan obéit à regret.) Ah! c'est bien, (a Etienne.) Et maintenant, va, mon fils, va!
(Le përc est entre les deux jeunes hommes. Ils se jettent un regard de haine. André Boieski, d'un geste qui supplie et qui ordonne à la fois, les sépare. Etienne sort lentement.)