SCÈNE VI
MARTIAN, Le Soldat, en faction au fond, puis ANTOINETTE et MAGUELON
martian
Est-ce qu'ils vont me condammer? Quand je me suis trouvé devant eux, quand j'ai vu, là, de plus près, la mort probable, j'ai manqué de courage. Je me suis
défendu. Oh! par instants, je le sentais, ma voix leur entrait au cœur et les forçait à me croire! Puis, l'affreuse question retombait sur moi, toujours, comme un marteau dans un cauchemar : î< Où étiez- vous?... » Une fois, j'ai failli parler. Oh! j'ai peur de cette mort et de cette ignominie. (Se redressant :) iMais, Vraiment, je crois que je suis un lâche! Souviens-toi donc, traître et voleur! Tu n'as pas le droit de te soustraire au châtiment. Tu as trahi ton ami, si tu n'as pas tra^i ta patrie. Allons, acceple cette honte qui te sauve d'une infamie plus grande, et bénis le supplice qui t'épargnera de vivre.
(Après cet effort, il s'assied lentement, à gauche. Entrent, par la droite, Maguelon et Antoinette.)
MAGUELON
Entrez, madame. (Antoinette va très lentement vers Martian. Maguelon rejoint le soldat sur la galerie. Au soldat qu'elle tire vers la
gauche:) Vcncz maintenant. (Le soldat hésite.) Ma maîtresse es-t une aristocrate ; elle ne peut pas souffrir qu'on crie : « Vive la République! » devant elle.
(Ils s'^éloignent par la galerie. Antoinette s'approche do Martian.) MARTIAN, sans la voir.
Ils m'acquitteront, peut-être !