SCÈNE II
Les Mêmes, ANTOINETTE, Antoinette est habUlée de noir et très voilée. Elle entre vivement par la gauche, en avant de l'auberge.
ANTOINETTE, à Frontin.
On est arrivé, je pense?
FRONTIN
Pas encore, Madame, (oaianto Mais je gage qu'on ne tardera guère.
ANTOINETTE
Assez. Vous vous êtes procuré un costume de paysan?
FRONTIN
Madame le trouvera dans la chambre qu'elle sait.
ANTOINETTE
C'est bien.
FRONTIN
Puisque Madame n'a plus besoin de mes services, elle me permettra, je pense, de rentrer en ville?
ANTOINETTE
Pas avant que le capitaine soit arrivé.
FRONTIN
C'est qu'il ne fait pas très bon ici, et il y a des gens qui, à ma place, pourraient bien avoir peur.
ANTOINETTE
Je vous paie poi^r être brave. Dès qu'on sera venu, faites monter.
(Elle entre dans l'auberge.) FRONTIN
Mais enfin, je ne suis ni patriote, ni amoureux, moi ! (Un coup de canon.) Oh ! mou pauvre Frontin !
. . (11 entre précipitamment.)
scÈSE m
CATON, sur le rempart, puis LAZARE ■ CATON
Une femme voilée! la trahison aussi se voile... Veille, Caton !
(Lazare entre par la gauche en arrière de l'auberge et va droit à Galon.) LAZARE .
Le capitaine Martian est au bastion?
CATON
Oui, capitaine. ^Lazare veut entrer.) Mais tu ne peux^pas passer.
Pourquoi donc?
LES FRÈRES D'ARMES So
CATON
La consigne est formelle. Entre nous, capitaine, je te dirai qu'on s'attend à quelque chose pour ce soir. L'ennemi remue sur les hauteurs de Richemond.
LAZARE
Il faut que je le voie pourtant ! Va lui dire que le capitaine Lazare désire lui parler.
CATON
Tu ne remarques pas, capitaine, que je suis de faction.
LAZAHE
Je resterai ici, ne crains rien.
CATON
Tu prends la chose sur toi?
LAZARE
Sans doute; fais vite.
CATON
Le cauonnier bourgeois abhorre la servitude, mais il admet la subordination.