‹ Théâtre en proseChapitre 34 sur 143 · PROSE · texte numérisé non relu

PROSE

CATON

Travaille !

FRONTIN

Je n'aime

pas cela.

CATON

Prends un

fusil !

FRONTIN

Il éclaterait! Ah! le hdn temps est passé!

CATON

Tu regrettes le despote, valet.

FRONTIN

Je me moque du despote. Je regrette ma livrée, chaude Thiver et galante l'été, les intrigues, les profits, et la petite maison de mon maître.

CATON

Ame servile !

FRONTIN, à part.

luibécile! (Haut:) La petite maison surtout! Rien que soie et dentelles, dans toutes les chambres des sophas...

CATON

Où ton maître t'humiliait par ses débauches.

FRONTIN

Bon! il n'était pas toujours là, et Justine valait une marquise.

CATON

Mœurs infâmes!

FRONTIN

Puis le soir, quels soupers î bons vins, chansons, bombance! l'antichambre, tudieu! était aussi gaie. que le salon. (Plus bas:) Il y avait des demoiselles de l'Opéra, vous savez? •

LES FBERES D'ARMES 83

CATON

Je ne sais pas!

FRONTIN

Huit au dix ! Jolies comme des fleurs ! Nous regardions par le trou des serrures. Après le souper, elles dansaient sur la table.

, CATON

En costumes de nymphes ou de déesses, comme les sauteuses qui sont dans les foires?

FRONTIN

Ah ! bien oui — sans costumes !

CATON

Plus un mol! Je m'appelle Caton. (ii va vers le bastion.) Tu peux te retirer. Je sais ce que je voulais savoir, je te surveillerai, citoyen !

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