‹ Théâtre en proseChapitre 44 sur 143 · SCÈNE II PIGALOU, LUC · texte numérisé non relu

SCÈNE II PIGALOU, LUC

Luc paraît vieux; il bégaie; il a une perruque grise, un grand chapeau, une houppelande.

LUC

Monsieur Suchot, notaire, s'il vous plaît?

PIGALOU

Sorti.

LUC

Et Mademoiselle Geneviève, son aimable fille?

PIGALOU

Sortie aussi.

LUC

En compagnie, sans doute, de Monsieur le docteur Valentin, qui est un si brave homme?

JUSTICE m

PIGALOU

Hein?

LUC

Et, je pense, pour aller au-devant de Monsieur Georges Suchot, son frère, qui doit revenir ce soir par le train de di)c heures quarante-deux minutes? Plaise aux saints qu'il arrive en bonne santé !

PIGALOU

Ah ! bah ! Mais je ne vous connais pas. Vous n'êtes pas du pays. Qui êtes- vous?

Un pauvre diable, tout à votre service, Monsieur.

PIGALOU

Possible. Revenez demain.

LUC

C'est donc vrai que M® Suchot n'est pas à la maison ?

PIGALOU

Puisqu'on vous le dit.

LUC

En ce cas, je reste, avec votre permission, mon excellent Monsieur.

PIGALOU

Il s'asseoit!

LUC

Et, toujours avec votre permission, je me mettrai un peu à mon aise. lia fait très chaud sur la grand'route, ce midi.

(Il retire son chapeau, sa perruque, sa houppelande. Il apparaît jeune, joufflu, rose, l'air pesant et sournois, lourdaud et bedeau.)

PIGALOU

Lucl

LUC

Dit Saint-Luc, quoique indigne! J'espère, mon cher Monsieur Pigalou, que votre santé a toujours été parfaite?

PIGALOU

Que viens-tu faire ici, malheureux?

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