PIGALOU LUC
Une misère.
PIGALOU
Hum! sept mille.
PIGALOU
Mais tu es très malin,
Luc !
LUC
Votre élève 1
PIGALOU, vivement et comme repoussant la tentation.
N'importe ! je ne veux pas! — Pas moyen de trouver la clef.
LUC
Vous l'avez donc cherchée, mon bon Monsieur Pigalou?
PIGALOU
Sans intention. Pour passer le temps.
LUC
En ce cas, vous savez où elle est.
PIGALOU
Flatteur! Du reste, la clef, ce n'est rien. Il y a un secret, un mot qu'il faudrait découvrir.
LUC
Et que vous avez découvert, j'en suis bien convaincu !
PIGALOU
Peste du petit sorcier! — Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... » Article 386, n* 3.
LUC
Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution î et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1
PIGALOU
Tiens ! tiens !
LUC
Eh bien?
PIGALOU
Dame, pour t'obliger, mon cher Luc !..
LUC
Ah! Monsieur Pigalou.
PIGALOU
Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.
Que vous êtes bon !
Et celle du corridor.
Vous me comblez !
PIGALOU
LUC
PIGALOU
Tu monteras sans bruit.
LUC
Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs.
in lui saute au cou.) Ah ! mou frère !
PIGALOU
Imbécile ! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...
LUC
Vous Favez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou ?
PIGALOU
Non, je lui ai donné une petite sœur.
LUC
En prenantrempreintede la serrure? Ah! quevousêtes habile !
PIGALOU
Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.
LUC, infiniment doux.
Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?
PIGALOU
'Sous partageons après, honnêtement. Ca te va?
LUC
Hélas! non.
PIGALOU
Non?
LUC
C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigaiou.
PIGALOU
Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je •dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-même, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »
LUC
Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est
Peste du petit sorcier! — Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... >> Article 386, q* 3.
LUC
Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution! et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1
PIGALOU
Tiens ! tiens !
LUC
Eh bien?
PIGALOU
Dame, pour t'obliger, mon cher Luc !..
LUC
Ah! Monsieur Pigalou.
PIGALOU
Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.
■ LUC
Que vous êtes bon!
PIGALOU
Et celle du corridor.
LUC
Vous me comblez î
Tu monteras sans bruit.
LUC
Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs.
(Il lui saute au cou.) Ah ! mou frère !
PIGALOU
Imbécile! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...
LUC
Vous Tavez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou ?
PIGALOU
Non, je lui ai donné une petite sœur.
LUC
En prenantrempreintede la serrure? Ali! quevousêtes habile 1
PIGALOU
Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.
LUC, infiniment doux.
Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?
PIGALOU
IVous partageons après, honnêtement. Ca te va?
Hélas I non.
PIGALOU
JVon?
LUC
C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigaiou.
PIGALOU
Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je -dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-môme, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »
LUC
Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est
PIGALOU
Peste du petit sorcier! — Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... » Article 386, q* 3.
LUC
Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution! et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1
PIGALOU
Tiens! tiens !
Eh bien?
PIGALOU
Dame, pour t'obliger, mon cher Luc !..
LUC
Ah! Monsieur Pigalou.
PIGALOU
Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.
• LUC
Que vous êtes bon !
PIGALOU
Et celle du corridor.
LUC
Vous me comblez !
PIGALOU
Tu monteras sans bruit.
LUC
Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs.
(Il lui saule au cou.) Ah ! mon frère !
PIGALOTJ
Imbécile ! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...
LUC
Vous Tavez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou ?
PIGALOU
Non, je lui ai donné une petite sœur.
LUC
En prenantrempreintede la serrure? Ab! quevousêtes habile !
PIGALOU
Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.
LUC, infiniment doux.
Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?
PIGALOU
IVous partageons après, honnêtement. Ca te va?
LUC
Hélas! non.
PIGALOU
Non?
LUC
C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigalou.
PIGALOU
Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je ■dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-même, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »
LUC
Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est
PIGALOU
Peste du petit sorcier! -^ Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... » Article 386, q<* 3.
LUC
Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution! et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1
PIGALOU
Tiens ! tiens !
LUC
Eh bien?
PIGALOU
Dame, pour l'obliger, mon cher Luc !..
LUC
Ah! Monsieur Pigalou.
Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.
LUC
Que vous êtes bon!
PIGALOU
Et celle du corridor.
LUC
Vous me comblez !
PIGALOU
Tu monteras sans bruit.
LUC
Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs.
(Il lui saute au cou.) Ah ! mou frère !
PIGALOU
Imbécile ! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...
LUC
Vous Tavez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou?
PIGALOU
Non, je lui ai donné une petite sœur.
LUC
En prenantrempreinte de la serrure? Ali! que vous êtes îiabile !
PIGALOU
Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.
LUC, infiniment doux.
Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?
PIGALOU
ÏVous partageons après, honnêtement. Ca te va?
LUC
Hélas! non.
PIGALOU
Non?
LUC
C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigalou.
PIGALOU
Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je -dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-même, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »
LUC
Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est
Peste du petit sorcier! — Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... » Article 386, n** 3.
LUC
Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution! et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1
PIGALOU
Tiens! tiens!
LUC
Eh bien?
PIGALOU
Dame, pour t'obliger, mon cher Luc !..
LUC
Ah! Monsieur Pigalou.
PIGALOU
Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.
• LUC
Que vous êtes bon !
PIGALOU
Et celle du corridor.
LUC
Vous me comblez !
Tu monteras sans bruit.
LUC
Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs. (Il lui saute au cou.) Ah ! mou frère !
PIGALOU
Imbécile ! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...
LUC
Vous Tavez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou?
PIGALOU
Non, je lui ai donné une petite sœur.
LUC
En pre nan 1 1' empreinte de la serrure ? Ah ! que vous êtes habile !
PIGALOU
Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.
LUC, infiniment doux.
Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?
PIGALOU
Nous partageons après, honnêtement. Ca te va?
Hélas ! non.
PIGALOU
Non?
LUC
C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigalou.
PIGALOU
Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je •dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-même, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »
LUC
Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est
110 THEATRE EiN PROSE
de moi, je suis bien résolu à m'y conformer de tout paiat.
PIGALOU
Tu refuses?
LUC
J.e refuse.
PIGALOU
En ce cas, rien de fait, et tourne les talons.
Ah! Monsieur, je n'aurais pas cru cela de vous. Et comme vous jouissez d'une excellente réputalian, tout le monde sera bien étonné quand on saura que vous voulez faire tort à un pauvre garçon comme moi de l'argent que vous lui devez.
PIGALOU
Tout le monde?
LUC
Tout le monde, plus tard. Le capitaine de gendarmerie d'abord.
PlGÀLOU
Gredin, tu me dénoncerais !
LUC
Les larmes aux yeux, mon bon Monsieur Pigalou.
PIGALOU
PourTafFaire du portefeuille?
LUC
Mon doux Jésus! est-ce qu'il y en aurait d'autres?
PIGALOU
Maia no-a! Tu. te perdrais toir-mémie.
LUC, qui remet perruque, houppelande etchapeau,
Oh ! j'ai fait mon temps, moi. J'ai payé ma]dette à la société.
C'est vrai, îl me tient. — Suis- je bête? Il y a cinq ans : escriptiQn,mon petit!
LUC, après avoir regardé l'heure à sa montre.
Dans trente-six heures, Monsieur Pigalou, oh! dans trente-six- heures, \ous n'aurez plus rien à craindre, mais, en attendant...
PIGALOU
Le diable t'emporte !
LUC, remontant la scèn«.
Le ciel vous conserve !
PIGALOU, indécis.
Eh ! attends, causons.
LUC, près de la fenêtre.
Impossible, on peut venir à tout moment. Justement voici votre patron qui rentre. Soyez tranquille, pour ne pas vous compromettre, je me glisserai entre les a^rbres.
PIGALOU
Mais enfin, où vas-tu?
LUC
Hélas! à la gendarmerie.
PIGALOU
Non, non! tu ne feras pas cela! Luc, mon cher Luc, mon joli petit Luc!
(Il lui caresse les joues.) LUC
Ah! comme vous connaissez bien mon faible pour vous! Allons, tenez, j'irai à la gendarmerie, mais demain seulement, oui, demain, à quatre heures. D'ici là.
je vous attendrai à Fauberge, sans bouger. Vous, et l'argent. Ah! vous faites de moi tout ce que vous voulez!
PIGALOU
Eh! ni demain, ni...
LUC
Réfléchissez, Monsieur Pigalou; et que le ciel vous inspire quelque honnête résolutioi>!
(Il sort vivement par la porte du fond.)