‹ Théâtre en proseChapitre 46 sur 143 · PIGALOU LUC · texte numérisé non relu

PIGALOU LUC

Une misère.

PIGALOU

Hum! sept mille.

PIGALOU

Mais tu es très malin,

Luc !

LUC

Votre élève 1

PIGALOU, vivement et comme repoussant la tentation.

N'importe ! je ne veux pas! — Pas moyen de trouver la clef.

LUC

Vous l'avez donc cherchée, mon bon Monsieur Pigalou?

PIGALOU

Sans intention. Pour passer le temps.

LUC

En ce cas, vous savez où elle est.

PIGALOU

Flatteur! Du reste, la clef, ce n'est rien. Il y a un secret, un mot qu'il faudrait découvrir.

LUC

Et que vous avez découvert, j'en suis bien convaincu !

PIGALOU

Peste du petit sorcier! — Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... » Article 386, n* 3.

LUC

Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution î et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1

PIGALOU

Tiens ! tiens !

LUC

Eh bien?

PIGALOU

Dame, pour t'obliger, mon cher Luc !..

LUC

Ah! Monsieur Pigalou.

PIGALOU

Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.

Que vous êtes bon !

Et celle du corridor.

Vous me comblez !

PIGALOU

LUC

PIGALOU

Tu monteras sans bruit.

LUC

Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs.

in lui saute au cou.) Ah ! mou frère !

PIGALOU

Imbécile ! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...

LUC

Vous Favez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou ?

PIGALOU

Non, je lui ai donné une petite sœur.

LUC

En prenantrempreintede la serrure? Ah! quevousêtes habile !

PIGALOU

Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.

LUC, infiniment doux.

Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?

PIGALOU

'Sous partageons après, honnêtement. Ca te va?

LUC

Hélas! non.

PIGALOU

Non?

LUC

C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigaiou.

PIGALOU

Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je •dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-même, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »

LUC

Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est

Peste du petit sorcier! — Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... >> Article 386, q* 3.

LUC

Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution! et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1

PIGALOU

Tiens ! tiens !

LUC

Eh bien?

PIGALOU

Dame, pour t'obliger, mon cher Luc !..

LUC

Ah! Monsieur Pigalou.

PIGALOU

Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.

■ LUC

Que vous êtes bon!

PIGALOU

Et celle du corridor.

LUC

Vous me comblez î

Tu monteras sans bruit.

LUC

Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs.

(Il lui saute au cou.) Ah ! mou frère !

PIGALOU

Imbécile! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...

LUC

Vous Tavez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou ?

PIGALOU

Non, je lui ai donné une petite sœur.

LUC

En prenantrempreintede la serrure? Ali! quevousêtes habile 1

PIGALOU

Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.

LUC, infiniment doux.

Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?

PIGALOU

IVous partageons après, honnêtement. Ca te va?

Hélas I non.

PIGALOU

JVon?

LUC

C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigaiou.

PIGALOU

Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je -dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-môme, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »

LUC

Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est

PIGALOU

Peste du petit sorcier! — Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... » Article 386, q* 3.

LUC

Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution! et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1

PIGALOU

Tiens! tiens !

Eh bien?

PIGALOU

Dame, pour t'obliger, mon cher Luc !..

LUC

Ah! Monsieur Pigalou.

PIGALOU

Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.

• LUC

Que vous êtes bon !

PIGALOU

Et celle du corridor.

LUC

Vous me comblez !

PIGALOU

Tu monteras sans bruit.

LUC

Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs.

(Il lui saule au cou.) Ah ! mon frère !

PIGALOTJ

Imbécile ! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...

LUC

Vous Tavez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou ?

PIGALOU

Non, je lui ai donné une petite sœur.

LUC

En prenantrempreintede la serrure? Ab! quevousêtes habile !

PIGALOU

Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.

LUC, infiniment doux.

Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?

PIGALOU

IVous partageons après, honnêtement. Ca te va?

LUC

Hélas! non.

PIGALOU

Non?

LUC

C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigalou.

PIGALOU

Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je ■dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-même, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »

LUC

Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est

PIGALOU

Peste du petit sorcier! -^ Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... » Article 386, q<* 3.

LUC

Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution! et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1

PIGALOU

Tiens ! tiens !

LUC

Eh bien?

PIGALOU

Dame, pour l'obliger, mon cher Luc !..

LUC

Ah! Monsieur Pigalou.

Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.

LUC

Que vous êtes bon!

PIGALOU

Et celle du corridor.

LUC

Vous me comblez !

PIGALOU

Tu monteras sans bruit.

LUC

Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs.

(Il lui saute au cou.) Ah ! mou frère !

PIGALOU

Imbécile ! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...

LUC

Vous Tavez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou?

PIGALOU

Non, je lui ai donné une petite sœur.

LUC

En prenantrempreinte de la serrure? Ali! que vous êtes îiabile !

PIGALOU

Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.

LUC, infiniment doux.

Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?

PIGALOU

ÏVous partageons après, honnêtement. Ca te va?

LUC

Hélas! non.

PIGALOU

Non?

LUC

C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigalou.

PIGALOU

Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je -dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-même, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »

LUC

Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est

Peste du petit sorcier! — Mais, comprends, trop de risque. « Si le voleur est un domestique ou un homme de service à gages... » Article 386, n** 3.

LUC

Ce que c'est d'avoir étudié ! Pourtant, réfléchissez. Allons, un bon mouvement. Une fois n'est pas coutume. C'est pour une restitution! et c'est pour Luc! pour votre cher petit Luc 1

PIGALOU

Tiens! tiens!

LUC

Eh bien?

PIGALOU

Dame, pour t'obliger, mon cher Luc !..

LUC

Ah! Monsieur Pigalou.

PIGALOU

Écoute, ce soir, je laisserai ouverte la porte de la maison.

• LUC

Que vous êtes bon !

PIGALOU

Et celle du corridor.

LUC

Vous me comblez !

Tu monteras sans bruit.

LUC

Et vous me remettrez mes deux mille sept cents francs. (Il lui saute au cou.) Ah ! mou frère !

PIGALOU

Imbécile ! Je serai dans mon lit, bien tranquillement. Mais, comme je t'aurai dit le mot et donné la clé...

LUC

Vous Tavez donc trouvée, mon bon Monsieur Pigalou?

PIGALOU

Non, je lui ai donné une petite sœur.

LUC

En pre nan 1 1' empreinte de la serrure ? Ah ! que vous êtes habile !

PIGALOU

Donc, pendant mon sommeil, tu feras le coup à ton aise.

LUC, infiniment doux.

Comme chez ce bon Monsieur Buchon ?

PIGALOU

Nous partageons après, honnêtement. Ca te va?

Hélas ! non.

PIGALOU

Non?

LUC

C'est votre tour, cette fois, Monsieur Pigalou.

PIGALOU

Mon tour? tu veux rire, petit! J'invente, je conseille, je •dirige. Quelquefois même, pour obliger des amis, je me hasarde jusqu'au recel. Mais pratiquer moi-même, violemment? Jamais. Tels sont mes principes, et j'ai pour devise : « Rien pour les autres, tout par eux. »

LUC

Bons principes! excellente devise! Pour ce qui est

110 THEATRE EiN PROSE

de moi, je suis bien résolu à m'y conformer de tout paiat.

PIGALOU

Tu refuses?

LUC

J.e refuse.

PIGALOU

En ce cas, rien de fait, et tourne les talons.

Ah! Monsieur, je n'aurais pas cru cela de vous. Et comme vous jouissez d'une excellente réputalian, tout le monde sera bien étonné quand on saura que vous voulez faire tort à un pauvre garçon comme moi de l'argent que vous lui devez.

PIGALOU

Tout le monde?

LUC

Tout le monde, plus tard. Le capitaine de gendarmerie d'abord.

PlGÀLOU

Gredin, tu me dénoncerais !

LUC

Les larmes aux yeux, mon bon Monsieur Pigalou.

PIGALOU

PourTafFaire du portefeuille?

LUC

Mon doux Jésus! est-ce qu'il y en aurait d'autres?

PIGALOU

Maia no-a! Tu. te perdrais toir-mémie.

LUC, qui remet perruque, houppelande etchapeau,

Oh ! j'ai fait mon temps, moi. J'ai payé ma]dette à la société.

C'est vrai, îl me tient. — Suis- je bête? Il y a cinq ans : escriptiQn,mon petit!

LUC, après avoir regardé l'heure à sa montre.

Dans trente-six heures, Monsieur Pigalou, oh! dans trente-six- heures, \ous n'aurez plus rien à craindre, mais, en attendant...

PIGALOU

Le diable t'emporte !

LUC, remontant la scèn«.

Le ciel vous conserve !

PIGALOU, indécis.

Eh ! attends, causons.

LUC, près de la fenêtre.

Impossible, on peut venir à tout moment. Justement voici votre patron qui rentre. Soyez tranquille, pour ne pas vous compromettre, je me glisserai entre les a^rbres.

PIGALOU

Mais enfin, où vas-tu?

LUC

Hélas! à la gendarmerie.

PIGALOU

Non, non! tu ne feras pas cela! Luc, mon cher Luc, mon joli petit Luc!

(Il lui caresse les joues.) LUC

Ah! comme vous connaissez bien mon faible pour vous! Allons, tenez, j'irai à la gendarmerie, mais demain seulement, oui, demain, à quatre heures. D'ici là.

je vous attendrai à Fauberge, sans bouger. Vous, et l'argent. Ah! vous faites de moi tout ce que vous voulez!

PIGALOU

Eh! ni demain, ni...

LUC

Réfléchissez, Monsieur Pigalou; et que le ciel vous inspire quelque honnête résolutioi>!

(Il sort vivement par la porte du fond.)

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