‹ Théatre en versChapitre 24 sur 103 · OS · texte numérisé non relu

OS

HILDEGARDE

" ' 3'estleroil

L'air un peu trop farouche.

HENRI

à part

Je crois que mon discours la touche.

Elle est jolie. On va souper. Je suis tenté D'exagérer les droits de l'hospitalilé.

UILDEGARDE

Mcssire, je rends grâce à votre courtoisie, ^

Mais d'un culte si beau Tidole est mal choisie.

Montrant la table :

Prenons place.

DENRI

D'abord, écartons ces flambeaux !

HILDEGARDE

Pourquoi ?

HENRI

N'avons-nous pas vos yeux, qui sont plus beaux!

HILDEGARDE

Laissez! mes yeux de veuve ont les larmes pour voiles,

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lia cidj

il? la 11

Ulty*

HENRI

Nous aurions deux étoiles !

Ils prennent place.

il est charmant!

HILDEGARDE

bas à Irèno

IRÈNE

Déjà

HILDEGARDE

Parce que

c'est le roi.

Je le trouve

charmant

IRÈiVE

Pour cela seulement?

UILUEGARDE h ITenri

Vous êtes grand flatteur.

HENRI

Moi ! j'ai peur de paraître Bien brutal au contraire avec mes airs de retire. Les vaillants, comme leurs armures, sont de fer , Ils traînent un estoc qui sonne d'un ton fier, Et, brusques, et le front creusé de quelque entaille, Aux plus tendres propos mêlent de la bataille- Nous effrayons l'amour !

HILDEGARDE

Mais non. Nos faibles cœurs Ont des facilités à se rendre aux vainqueurs, Et si Ton nous surprend d'aiguilles occupées C'est qu'elles ont la forme aimable des épées.

DENHT

Vous parlez pour complaire et c'est de vos bontés.

HILDEGARDE

à Irène

J'en dis trop, mais les rois veulent être flattés.

HENRI

»us sommes afl'reux ! mais nous sommes fidèles. ''**, des faveurs rend nos cœurs dignes d'elles.

78 THEATUE EN. VERS

Nous sommes ceux qui vont de combats en combats,

Jamais vaincus, forçant les champions à bas

D'avouer dans la lice où fume leur sang tiède

Qu*en vertu toute belle à la nôtre le cède.

Quand Tune de nos mains hausse et brandit le fer.

L'autre presse une fleur, souvenir frêle et cher,

Du parfum d'un baiser tout enivrant encore.

Nous crions : « Mort ! massacre î » en pensant : « JeFadore I »

Et nous briguons l'honneur d'être invincibles, non

Pour qu'à ceux des héros se mêle notre nom

Ni pour que dans les camps, chez les races futures.

On célèbre en chansons nos belles aventures.

Mais pour qu'à nos désirs, notre dame, en retour

De beaucoup plus de gloire, offre un peu plus d'amour I

niLOEGARDE

Celle qu'on aime ainsi n'est pas fière sans causes !

A Irène :

Irène, tu sens bien que si je dis ces choses...

IRÈNE

Oui, oui.

DILDEGARDE

Toutes n'ont pas ce glorieux bonheur!

UENRI

Toutes? non.

A part :

Je suis donc un bien grand suborneur*^

A Hildegarde :

Dans nos contraires seuls trouvant d'assez doux ch C'est aux grâces d'enfants que nous rendons les arn

Les compagnes qu'il faul à ces durs compagnons Ool deis airs délicats, ing(^nus et mignons ; On pourrait d'une main enlacer leur ceinture, On les enlèverait d'un doigt sur sa monture, Si de nous suivre en guerre il leur prenait souci; Elles ont le front pâle et le sein pâle aussi. Mais la lèvre écarlate à tromper des abeilles. En un mot, mes pareils adorent vos pareilles. Et les petites mains déchirent les grands cœurs !

Il veut lui prendre la main.

HILDEGARDE

Que faites-vous?

HENRI

J'ai donc mérité vos rigueurs?

HaDEGARDE

Je ne dis pas cela, Messire.

A Irène :

11 va bien vite!

# - ^ IRÈNE

C'est le roi !

HENRI

Mon aveu sincère vous irrite?

HILDEGARDE

„s, mais...

Étourdie :

C'est trop tôt!

DENRI

à pari

Diable! je pars demain.

Haut :

C*est trop lard I

niLDEGARDE

S'il vous plaît, soupons.

HENRI

Je ji'ai plus faim.

UU.bEGARDE

Parfois le vin joyeux d'un souci nous délivre, Ne viderez-vous pas ce verre ?

HENRI

Je suis ivre.

UILDEGARDE

à Irène

Ai-je trop résisté?

IRÈNE -

Beaucoup trop. D'un ton doux Parlez-lui.

HILDEGARDE

Vous rêvez, Messire?

HENRI

A votre époux!

Est-il bien mort?

LA PAHÏ DU HOl 81

UILDEGABDE

Hélas! Mess ire.

IIEXRI

L'imMcile!

Kild^garâe -'i'<SloigTio, un peu ïmlt^o.

Pardon I je cle;wens fou — près de vous, c'est facile. — Convenez avec moi du moins qu'il a grand tort Puisque, vivant, il vous possédait, d'être mort. Il faut lutter avec le trépas quand on aime.

Si j'avais été lui, non, la mort elle-même N'aurait pu me contraindre à quitter mon trésor. Entre mes mains d'époux je vous tiendrais encor, Petites mains de neige aux doigts légers et frêles Qui font sous mes baisers des sauts de tourterelles...

Me fâcherai-je?

Non.

niLDKGARDE

"à Irène

IRENE

UENRI

Je vous verrais encor, Bras pâles où mon souffle éveille un duvet d'or. Et vous, qu'aux bleus saphirs de l'Inde je préfère,

mLUEGARDE

à Irène

Que ferais- tu?

?^' • IRÈNE

V Je me laisserais faire.

^i* Tremblante, Hildogarde Bûsaied. Henri a'^geoèuillc.

\^ ' ' ' UKNfil

' Et, tandis que, vaincue après un doux: combat, ' -

Votre cœur frémirait autant que le mien bai, , •

/ Cette rose qui craint de s'ouvrir, cette bouche Qui du baiser voisin s'enivre et s'effarouche, Sous ma lèvre tremblante oublîrait son effroi !

. DILDEGARDE . * ,

Hélas! je n'ose pas résister, c'est le roi!

Hildegarde! ah î cette heure est belle comme un rêve I

Mais, dites, ce baiser qui dans les cieux m enlève

Et qu'au nom de l'époux ma bouche vous ravit,

Est-il bien pour l'amant, qui t'adore et qui vit?

Vous vous taisez? Grand dieu! que faul-il que je croie?

Oh! parlez-moi! j'attends le supplice ou la joie,

Je réclame à genoux ou le ciel ou l'enfer!

Agenouillé et le front courbé, il tend les braa v*ifa sWe^ cûmmc ijîi suppliant. Lentement elle se toorjao vers lui. SnurianLo et rougissants, elte va parler. Tout à coup elle recule, épouvaiit<îu,

miDEGARDË

Juste ciel! il n'a pas le bracelet de fer !

Elle disparaît derrière la tenture, à droite. IRÈNE

Ce n'était pas le roi!

Elle s «chappe par la porte du

LA FAUT DU RCfl 83

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