OS
HILDEGARDE
" ' 3'estleroil
L'air un peu trop farouche.
HENRI
à part
Je crois que mon discours la touche.
Elle est jolie. On va souper. Je suis tenté D'exagérer les droits de l'hospitalilé.
UILDEGARDE
Mcssire, je rends grâce à votre courtoisie, ^
Mais d'un culte si beau Tidole est mal choisie.
Montrant la table :
Prenons place.
DENRI
D'abord, écartons ces flambeaux !
HILDEGARDE
Pourquoi ?
HENRI
N'avons-nous pas vos yeux, qui sont plus beaux!
HILDEGARDE
Laissez! mes yeux de veuve ont les larmes pour voiles,
x>UUÏ3 &C11U
lia cidj
il? la 11
Ulty*
HENRI
Nous aurions deux étoiles !
Ils prennent place.
il est charmant!
HILDEGARDE
bas à Irèno
IRÈNE
Déjà
HILDEGARDE
Parce que
c'est le roi.
Je le trouve
charmant
IRÈiVE
Pour cela seulement?
UILUEGARDE h ITenri
Vous êtes grand flatteur.
HENRI
Moi ! j'ai peur de paraître Bien brutal au contraire avec mes airs de retire. Les vaillants, comme leurs armures, sont de fer , Ils traînent un estoc qui sonne d'un ton fier, Et, brusques, et le front creusé de quelque entaille, Aux plus tendres propos mêlent de la bataille- Nous effrayons l'amour !
HILDEGARDE
Mais non. Nos faibles cœurs Ont des facilités à se rendre aux vainqueurs, Et si Ton nous surprend d'aiguilles occupées C'est qu'elles ont la forme aimable des épées.
DENHT
Vous parlez pour complaire et c'est de vos bontés.
HILDEGARDE
à Irène
J'en dis trop, mais les rois veulent être flattés.
HENRI
»us sommes afl'reux ! mais nous sommes fidèles. ''**, des faveurs rend nos cœurs dignes d'elles.
78 THEATUE EN. VERS
Nous sommes ceux qui vont de combats en combats,
Jamais vaincus, forçant les champions à bas
D'avouer dans la lice où fume leur sang tiède
Qu*en vertu toute belle à la nôtre le cède.
Quand Tune de nos mains hausse et brandit le fer.
L'autre presse une fleur, souvenir frêle et cher,
Du parfum d'un baiser tout enivrant encore.
Nous crions : « Mort ! massacre î » en pensant : « JeFadore I »
Et nous briguons l'honneur d'être invincibles, non
Pour qu'à ceux des héros se mêle notre nom
Ni pour que dans les camps, chez les races futures.
On célèbre en chansons nos belles aventures.
Mais pour qu'à nos désirs, notre dame, en retour
De beaucoup plus de gloire, offre un peu plus d'amour I
niLOEGARDE
Celle qu'on aime ainsi n'est pas fière sans causes !
A Irène :
Irène, tu sens bien que si je dis ces choses...
IRÈNE
Oui, oui.
DILDEGARDE
Toutes n'ont pas ce glorieux bonheur!
UENRI
Toutes? non.
A part :
Je suis donc un bien grand suborneur*^
A Hildegarde :
Dans nos contraires seuls trouvant d'assez doux ch C'est aux grâces d'enfants que nous rendons les arn
Les compagnes qu'il faul à ces durs compagnons Ool deis airs délicats, ing(^nus et mignons ; On pourrait d'une main enlacer leur ceinture, On les enlèverait d'un doigt sur sa monture, Si de nous suivre en guerre il leur prenait souci; Elles ont le front pâle et le sein pâle aussi. Mais la lèvre écarlate à tromper des abeilles. En un mot, mes pareils adorent vos pareilles. Et les petites mains déchirent les grands cœurs !
Il veut lui prendre la main.
HILDEGARDE
Que faites-vous?
HENRI
J'ai donc mérité vos rigueurs?
HaDEGARDE
Je ne dis pas cela, Messire.
A Irène :
11 va bien vite!
# - ^ IRÈNE
C'est le roi !
HENRI
Mon aveu sincère vous irrite?
HILDEGARDE
„s, mais...
Étourdie :
C'est trop tôt!
DENRI
à pari
Diable! je pars demain.
Haut :
C*est trop lard I
niLDEGARDE
S'il vous plaît, soupons.
HENRI
Je ji'ai plus faim.
UU.bEGARDE
Parfois le vin joyeux d'un souci nous délivre, Ne viderez-vous pas ce verre ?
HENRI
Je suis ivre.
UILDEGARDE
à Irène
Ai-je trop résisté?
IRÈNE -
Beaucoup trop. D'un ton doux Parlez-lui.
HILDEGARDE
Vous rêvez, Messire?
HENRI
A votre époux!
Est-il bien mort?
LA PAHÏ DU HOl 81
UILDEGABDE
Hélas! Mess ire.
IIEXRI
L'imMcile!
Kild^garâe -'i'<SloigTio, un peu ïmlt^o.
Pardon I je cle;wens fou — près de vous, c'est facile. — Convenez avec moi du moins qu'il a grand tort Puisque, vivant, il vous possédait, d'être mort. Il faut lutter avec le trépas quand on aime.
Si j'avais été lui, non, la mort elle-même N'aurait pu me contraindre à quitter mon trésor. Entre mes mains d'époux je vous tiendrais encor, Petites mains de neige aux doigts légers et frêles Qui font sous mes baisers des sauts de tourterelles...
Me fâcherai-je?
Non.
niLDKGARDE
"à Irène
IRENE
UENRI
Je vous verrais encor, Bras pâles où mon souffle éveille un duvet d'or. Et vous, qu'aux bleus saphirs de l'Inde je préfère,
mLUEGARDE
à Irène
Que ferais- tu?
?^' • IRÈNE
V Je me laisserais faire.
^i* Tremblante, Hildogarde Bûsaied. Henri a'^geoèuillc.
\^ ' ' ' UKNfil
' Et, tandis que, vaincue après un doux: combat, ' -
Votre cœur frémirait autant que le mien bai, , •
/ Cette rose qui craint de s'ouvrir, cette bouche Qui du baiser voisin s'enivre et s'effarouche, Sous ma lèvre tremblante oublîrait son effroi !
. DILDEGARDE . * ,
Hélas! je n'ose pas résister, c'est le roi!
Hildegarde! ah î cette heure est belle comme un rêve I
Mais, dites, ce baiser qui dans les cieux m enlève
Et qu'au nom de l'époux ma bouche vous ravit,
Est-il bien pour l'amant, qui t'adore et qui vit?
Vous vous taisez? Grand dieu! que faul-il que je croie?
Oh! parlez-moi! j'attends le supplice ou la joie,
Je réclame à genoux ou le ciel ou l'enfer!
Agenouillé et le front courbé, il tend les braa v*ifa sWe^ cûmmc ijîi suppliant. Lentement elle se toorjao vers lui. SnurianLo et rougissants, elte va parler. Tout à coup elle recule, épouvaiit<îu,
miDEGARDË
Juste ciel! il n'a pas le bracelet de fer !
Elle disparaît derrière la tenture, à droite. IRÈNE
Ce n'était pas le roi!
Elle s «chappe par la porte du
LA FAUT DU RCfl 83