POMONE
Laissez-nous !
PANTASILÉE
avec une candeur trôs maniérée
Jésus! serait-ce un guetapens?
Notre jeune innocence ignorait les serpenta Et jamais on ne vit d'Èves plus ingénues.
Nous espérions en nos honnêtes retenues Qu'en route on cueillerait des fleurs...
Les jeunes hommes veulent les ombrasse
...aux buissons Mais vous, soudainement terribles, et pervers.
Sans que le cri tremblant de nos pudeurs vous louche, Vous nous baisez les mains, les bras, les yeux, — la bouche I Et voici nos rubans tout sens dessus dessous. Hélas! méchants seigneurs! que voulez-vous de nous?
CASTIGLIONE
Pardieu! je t'aime ainsi, sainte Pantasilée !
Je t'adore, nonnain !
JEAN CESANO à Pomone
POMPEO CORTEZ à Flora
Lys!
JEAN VAS ART à Michela
Neige immaculée !
CASTIGLIONE à Pantasilée
Ange! sans rien d'humain!...
Lui regardant la gorge :
... ni d'artificiel.
PANTASILÉE
Des anges! Soit. Qu'il faut poursuivre jusqu'au ciel!
Elle s'enfuit, en éclatant de rire, suivie par toutes les belles filles, qui montent la côte, à droite ; les jeunes hommes s'élancent à leur poursuite, mais ils s'arrêtent brusquement. Restent en scène Jean Vasari, Jean Gesano, Pompeo Cortez, Castiglione. On entend encore les rires des fugitives.