‹ Théatre en versChapitre 36 sur 103 · POMONE · texte numérisé non relu

POMONE

Laissez-nous !

PANTASILÉE

avec une candeur trôs maniérée

Jésus! serait-ce un guetapens?

Notre jeune innocence ignorait les serpenta Et jamais on ne vit d'Èves plus ingénues.

Nous espérions en nos honnêtes retenues Qu'en route on cueillerait des fleurs...

Les jeunes hommes veulent les ombrasse

...aux buissons Mais vous, soudainement terribles, et pervers.

Sans que le cri tremblant de nos pudeurs vous louche, Vous nous baisez les mains, les bras, les yeux, — la bouche I Et voici nos rubans tout sens dessus dessous. Hélas! méchants seigneurs! que voulez-vous de nous?

CASTIGLIONE

Pardieu! je t'aime ainsi, sainte Pantasilée !

Je t'adore, nonnain !

JEAN CESANO à Pomone

POMPEO CORTEZ à Flora

Lys!

JEAN VAS ART à Michela

Neige immaculée !

CASTIGLIONE à Pantasilée

Ange! sans rien d'humain!...

Lui regardant la gorge :

... ni d'artificiel.

PANTASILÉE

Des anges! Soit. Qu'il faut poursuivre jusqu'au ciel!

Elle s'enfuit, en éclatant de rire, suivie par toutes les belles filles, qui montent la côte, à droite ; les jeunes hommes s'élancent à leur poursuite, mais ils s'arrêtent brusquement. Restent en scène Jean Vasari, Jean Gesano, Pompeo Cortez, Castiglione. On entend encore les rires des fugitives.

Page 1