ORLA.NOA
Tu sais, toute la cour s'irrite et s'épouvante !
DANIELO de même
Tu la tuerais?
ORLANDA
On crie ! On invoque les lois !
Tu fuiras pour un temps dans la maison des bois Où notre jeune amour eût son nid doux et sombre.
DANIELO
Si je pouvais frapper sans regarder! Dans l'ombre J'oserais.
ORLANDA ' tout près de lui
Tu Taimais, notre chère maison.
C'est là que je t'envoie en exil. J'ai raison De vous punir un peu, criminel que vous êtes. Mais, à m'y recevoir, il faut que tu t'apprêtes. Tu sais la tiède chambre aux silences amis * O.ù l'amour donne plus que l'espoir n'a promis, Où le divin baiser clôt, sans souci de l'heure, D'une lèvre qui rit la paupière qui pleure....
Son baiser 1 .
ORLANDA
J'y viendrai! Tu veux bien?
DANIELO
Si ses bras
Me touchent, je la tue!
ORLANDA
lui mettant les bras au cou
Oh! réponds!
DANIELO
Tu mourras !
Il s'est retourné, il l'a renversée dans la chaire, les mains au cou, rétranglant.
ORLANDA
se débattant
ielo I — Grâce ! — A l'aide !
DàNIKLO
fuyant, épouvanté
Horreur! — C'est impossible.
11 torpbe sur les coussins, la tête contre la table. Un silence pendant lequel Orlanda, haletante, porte les main? à son cou, regarde autour d'elle, comme folle.
ORLANDA
d'une VOIX faible
Je souffre 1 Et c'est lui, — lui ! Dieu ! quelle heure terrible ! Lui, — qui m'aimait! Mais quVt-il donc? sombre fou I Ses chères mains m'ont mis leurs ongles dans le cou.
Elle se soulève, elle vient peu à peu, chancelante, vers Danielo.
Danielo! d'où te vient cette rage insensée?
Vous n'êtes clone plus vous?
Il fait un mouvement, elle a peur, elle recule, elle reprend :
Tiens, vois, tu m'as blessée, Oui, je saigne. Cruel, cela vous est égal, A moi, si faible, hélas ! de m'avoir fait du mal ? Contre une douce femme avez-vous tant de haine?