‹ Théatre en versChapitre 69 sur 103 · ORLA.NOA · texte numérisé non relu

ORLA.NOA

Tu sais, toute la cour s'irrite et s'épouvante !

DANIELO de même

Tu la tuerais?

ORLANDA

On crie ! On invoque les lois !

Tu fuiras pour un temps dans la maison des bois Où notre jeune amour eût son nid doux et sombre.

DANIELO

Si je pouvais frapper sans regarder! Dans l'ombre J'oserais.

ORLANDA ' tout près de lui

Tu Taimais, notre chère maison.

C'est là que je t'envoie en exil. J'ai raison De vous punir un peu, criminel que vous êtes. Mais, à m'y recevoir, il faut que tu t'apprêtes. Tu sais la tiède chambre aux silences amis * O.ù l'amour donne plus que l'espoir n'a promis, Où le divin baiser clôt, sans souci de l'heure, D'une lèvre qui rit la paupière qui pleure....

Son baiser 1 .

ORLANDA

J'y viendrai! Tu veux bien?

DANIELO

Si ses bras

Me touchent, je la tue!

ORLANDA

lui mettant les bras au cou

Oh! réponds!

DANIELO

Tu mourras !

Il s'est retourné, il l'a renversée dans la chaire, les mains au cou, rétranglant.

ORLANDA

se débattant

ielo I — Grâce ! — A l'aide !

DàNIKLO

fuyant, épouvanté

Horreur! — C'est impossible.

11 torpbe sur les coussins, la tête contre la table. Un silence pendant lequel Orlanda, haletante, porte les main? à son cou, regarde autour d'elle, comme folle.

ORLANDA

d'une VOIX faible

Je souffre 1 Et c'est lui, — lui ! Dieu ! quelle heure terrible ! Lui, — qui m'aimait! Mais quVt-il donc? sombre fou I Ses chères mains m'ont mis leurs ongles dans le cou.

Elle se soulève, elle vient peu à peu, chancelante, vers Danielo.

Danielo! d'où te vient cette rage insensée?

Vous n'êtes clone plus vous?

Il fait un mouvement, elle a peur, elle recule, elle reprend :

Tiens, vois, tu m'as blessée, Oui, je saigne. Cruel, cela vous est égal, A moi, si faible, hélas ! de m'avoir fait du mal ? Contre une douce femme avez-vous tant de haine?

Page 1