SCENE vr
Devant la maison d^ UomliinelJa.
ANTONIO, BOMBINELLA
BOMBINELLA
Mon Antonio f dis, n'as- tu pas vu dans l'ombre Ces deux yeux qui brillaient avec uîi éclat sombre Et qui nous ont suivis depuis le bal?
ANTONIO
Enfant!
Quelque écolier dont va la tête s'échauffant Dans le vin, et les pieds froidissant dans la neige.
BOMBINELLA
\ Soit. Voici notre porte. Entrons.
Survient un masc[ue.
Que te disais-je?
Regarde-le.
ANTONIO
C'est vrai, -r Monsieur, les vents sont froids, Et si je vous disais de tirer votre épée, Vous ne la pourriez pas tenir entre vos doigts.
LE MASQUE
Voyez.
ANTONIO
C'est par bonheur que la mienne est drapée
Dans les plis du manteau. La voir nue au grand air
Serait chose fatale, et mourir en hiver
Est très^ialsain. Monsieur, partez, et Dieu vous garde.
LE MASQUE
Quand une fois je tiens entre mes doigts la garde D'une épèe, il n'est pas de diable ou de bourreau Qui lui fasse accepter jamais d'autre fourreau Que la gorge ou le cœur d'un homme. Ta maîtresse Est belle; je te suis po»u' cela, battons-nous,
ANTONIO
Monsieur, je vais souper et n'ai rien qui me presse De me battre, j'en suis au premier rendez-vous. Passez votre chemin.
LE MASQUE
Dégaine, ou je te crache Au visage.
ANTOMO
Êtes- vous ivre, masque?
Es-Lu lâche?
LE MASQUE ANTOMO
J'ai nom Antonio, vicomte de Palmi.
L'autre jour, j'ai tué mon plus intime ami :
Il avait éveillé de façon incongrue Ma chienne qui dormait au soleil dans la rue.
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LE KOIIAN D'UXIÎ XUIT 33