SCENE II
' IRÈNE DE BOISJOURDAN, ANGE DE MIKEVEN
Le sire de Mikeven, page, quatoifze ans, traversé la chai)}bre de parade en jetant de longs regards tristéâ saf la ddtnolselld de Boisjourdan. — Celle-ci voit le page, hésite, regarde la feiiètrô, puis se résoud.
IRENE DE BOISJOURDAN
Sire de Mikeven?
ANGE DE HJIKEVEN
Plaît-il?
IRÈNE DE BOISJOURDAN -
Venez ici.
Elle s'assied déVflUt la tftMd dé t<}ildttd, désigne un tabouret à col d'elle. — C«reMftiito t
Savez- VOUS bien qu'au temps jadis, — on en raconte Mille histoires d'amour charmantes — plus d'un comte Eût frémi de surprendre un page comme vous Dans le calme oratoire où la dame aux yeux doux Songe, près du rouet chargé de blanches laines?
ANGE D£ MtKibVËN -
Il ^^* passé, le temps des bonnes châtelaines. ÎRÈNB DE ROiSJOURDAN
L ,v.z-vous ? Plus d'une encore a quelque amant.
ANGE DE MIKEYEN
Plus d'une?
IRÈNE DE BOÏSJOURDAN
Certe. On est plus discret, seulement.
ANGE DE MIKEVEN
très ému
Discret?
IRÈNE DE BOÏSJOURDAN
Et si j'osais compter sur votre zèle:..
ANGE DE MIKEVEN
Oh ! comptez-y. Je suis à vous, mademoiselle, De tout mon cœur.
La demoiselle de Boisjourdan se lève. Le page la suit et continue d^uoe
voix précipitée et tremblante.
La nuit, je ne dors plus. L'œillet Qu'un malin votre bouche adorable eflfeuillait, Le voici. Je vais seul, fuyant les autres pages ; On m'a surpris, les yeux en pleurs, baisant les pages Du livre où vous lisez. Voilà comme je suis 1 Et lorsque vous passez, je savoure et je suis La brise qui frôla vos boucles dérangées î
La demoiselle do Boisjourdan, surprise d'abord, ne se relient de rire qu'avec peine. Après un silence, elle prend, sur le meuble à gauche, uu sachet et l'offre au sire de Mikeven.
IRÈNE DE BOISJOURDAN
Sire de Mikeven, aimez-vous les dragées?
Le page accepte les bonbons, comme par habitude, et regarde douloureusement la demoiselle de Boisjourdan.
Mademoiselle !