ACTE PREMIER
m'as montré la vie et j'ai vécu ma vie, lyanl pas une faim qui ne fût assouvie. ;he, libre, pouvant tout faire, on a tout fait, las! Lucretius a raison, en effet, anrl il dit que de la fontaine des délices, milieu même, et des fleurs aux plus doux calices, elque chose surgit d'amer et d'angoissant, n suis là. Ce dégoût des choses, que l'on sent as monter à la gorge en goûtant les meilleures, Igré tous tes efforts emplit toutes mes heures, irire un peu quand tu t'amuses d'un Bdella, 5 bonheurs de ma vie il me reste... cela, t'en rends grâces: mais, convions-en, ce n'est guère, rne paix où je meurs, qui te fera la guerre? 'ai-je encore à connaître? Kt d'où me viendrait-il, spérable, vierge, ou brutal, ou subtil, is offrant à mi^s vœux leur suprême ressource, ipre émoi dont j'ai soif sans en savoir la source?
ZYTriOrHAN'ÈS
[! la source où ton coeur flétri reverdirait,
1 sagesse aux yeux courts n'en a pas le secret.
i, c'est à l'humble lait maternel de la terre
e mon désir, content de peu, se désaltère.
nais je n'eus besoin d'un autre, et je m'y tiens.
lisquels besoins sans nom et sans but, que les tiens 1
rafraîchir l'avide aridité de cendre,
peut-on? J'ai cherché. Quoi! Dans quel puits descendre? rais partout, après de pareils entretiens.
rtout!
ZYXaOPHANKS
J'y suis allé. Jusque chez les Chrétiens, vois!
Ah! Et c'est vrai, ce qui court sur leur compte?
ZYTHOPHA>ÈS
Tout. non. Mais je pensais : « Des bourdes qu'on en conte (( Si le quart seulement n'est pas trop menson^^er, 0 Flammeola peut-être, en leur culte étranger, (( Trouvera-t-elle un brin de neuf qui la réveille. »
FLAMMEOLA
Et m'en rapportes-tu quelque étrange merveille? zïTuo^HA^Ès
Ils adorent, dit-on. un agneau mis en croix Et mangent de la chair humaine.
TLAMMEOLA
Tu le crois?
ZYTUOPHA.NÈS
C'est possible. Des gens de rien, de la vermine.
Un tas de gueux suant la haine et la famine.
Qu'ils en arrivent là, je n'en suis pas surpris.
Mais ces détails n'avaient, en somme, pas grand prix.
Ce qui m'intéressait, songeant à ton envie.
C'est la conception qu'ils se font de la vie,
Et que la tienne y pût rattiser son flambeau.
FLA5IME0LA
Eh bien?
ZTTHOPHANÈS
Eh bien! non, va. Ce n'est ni gai ni beau. Ils méprisent l'idée et la splendeur des formes. La raison et ses lois, néant! L'art et ses normes. Rien! Plus de joie! On est sur terre pour pâtir. Le rêve? Confesser l'absurde, être un... martyr! Plus on est misérable, infirme, affreux, débile, Pauvre d'esprit, souffrant de corps, mieux on jubile. Le niveau des plus bas sert de commun niveau. Bref, c'est l'apothéose, en leur monde nouveau, De tout ce q:ii nous fait horreur, à nous, vieux monde, Du dément dans l'infâme et du laid dans l'immonde.