SCÈNE PREMIÈRE
LE CnE)lIKEAU à la cantonade, TOINETTE en scène. LE CHEJILNEAU
La Jeannett' s'en va-t-aux champs.
Coupe un' javell', coupe en marchant !
Un beau mon^ieur par là s'amène ;
Lui dil : « J'voudrais ton étrenne. »
Coup' toujours et coupe encor!
Chaqu' javell" f'ra son tas dor.
La Jeannett' dit au monsieur :
Coup' un' javelle et coup's-en deux !
« Quand mêm' tu s'rais l'fiUeux d'ia reine,
Tu n'auras pas mon étrenne.
Coupe encore et coup' toujours!
Cliaqu' javelle aura son tour.
L'beau monsieur dit : « J'suis le roi ! » Coup' deux javeir et coup's-en trois!
0 Pour dev'nir ricli'. pour dev'nir reine,
« Gna qu'à mdonner ton étrenne. >
Coup' toujours et coupe encor!
Chaqu' javell' f'ra son tas d'or.
Ils ont le ventre creux, sûr, et la gorge rèche.
Tant mieux! La soupe est chaude, et la piquette est fraîche.
LE CHEMIXEAU
La Jeannett' dit : « Va donc t'battre... » Coup' trois javeir et coup's-en quatre!
« Avé l'grand gas qu'a r'tint la graine
« D'mon romarin pour étrenne. »
Coupe encore et coup' toujours!
Cliaqu' javelle aura son tour.
TOINETTE i
Ce chemineau, comme il chante bien, tout de même! p
L'grand gas cogne et le roi trinque.
Coup' quat' javell' et coup's-en cinq!
Viv' la Jeannett' qui n'fut pas reine
Et moi qu'ai-z-eu son étrenne!
Coup' toujours et coupe encor!
Chaq' javeir fra son tas d'or.
TOINETTE
Joyeux! Vaillant! Est-il Dieu possible qu'il m'aime?