ACTE QUATRIÈME
En montrant un tableau imaginaire, que maître Pierre contemple les yeux écarquillés et la bouche béante.
C'est aux pieds des trois pendus, Sous la lune, Sous la lune, C'est aux pieds des trois pendus Que les arrêts sont rendus.
Ajirès avoir passé de la droite à la gauche de maître Pierre, et en s'accroupissant un peu, de façon à lui marmonner le dernier couplet de bas en haut.
C'est aux nuits des vendredis, Dredis treize, Dredis ti'eize.
C'est aux nuits des vendredis Que les mots qu'on dit sont dits.
Il imite le [râle du crapaud, et de nouveau immobilise son visage en un large rire silencieux.
.MAITRE PIKRRE, tout à fait terrifié.
est-ce que c'est encor, cette chanson?
LE CHEMINKAU
Une autre, chante ça comme un curé sa patenôtre, toujours en riant, sans y penser, tu vois.
MAITRE PIERRE, balbutiant.
s ça n'a pas de sens"?
LE CHEMINEAU, d'un air grave et profond.
Oh! quand même... des fois.
Il se remet à riie silencieusement.
SCÈiNE VI
Les MÈ.MES, MARTIN MARTIN, arrivant effaré par la gauche.
tre Pierre, excusez de forcer votre porte int l'heure ! C'est des nouvelles que j'apporte, bonnes!
'i52 LE CHEMIINEAU
MAITRE PIERRE
Non?
MARTIN
Si fait.
MAITRE PIERRE
Et de qui?
MARTIN
De vos bœufs.
Sur les trois mal portants il vient d'en crever deux. Je l'apprends du bouvier. J'accourais à l'étable Pour lui dire....
MAITRE PIERRE
Quoi donc?
MARTIN
Le plus épouvantable :
C'est qu'en m'en retournant chez nous par votre pré J'en ai vu quatre sur le dos, l'œil chaviré, Le? jambes raides.
MAITRE PIERRE, les bras au ciel.
Ah ! misère de misère !
MARTIN
Le bouvier est parti faire le nécessaire. Si vous avez besoin de moi?...
MAITRE PIERRE
Oui, oui, merci.
Va, rejoins le bouvier. Je le rejoins aussi Tout à l'heure.
Sort Martin en courant.