ALL\E
mment ! C'est de ne plus jeiiner qui vous ennuie !
and il ne pleut jamais, on regrette la pluie.
TOISETTE
la regretteras au sec, ici, ce soir, sieds-toi près du feu.
Le poussant vers une chaise qui est près du fauteuil. T. III i2
, 262 LE CIIEMINEAU
LE CHEMINEAU, résistanl.
J'en suis las, de m'asseoir ! Je n'en ai plus tantôt de fond à ma culotte. Puis, c'est bête, devant le feu, moi, j'y grelotte. Comme François !
En le regardant.
Cor, lui, ça dort, le pauvre vieux!
Moi, j'y rumine.
AUSE
Et vous pensez à quoi ?
LE CHEMINEAU, revenant peu à peu vers le milieu de la pièce.
Que le mieux Est l'ennemi du bien, et que chacun doit suivre Sa nature, et que vivre en prison n'est pas vivre. Et que pour moi... (tant pis, je dis tout !) la prison C'est de ne plus aller là-bas, vers l'horizon, Sur la grand'route.
TOISET
Mais, caboche sans cervelle, Tu la connais par coeur.
Elle est toujours nouvelle !
Venant s'asseoir près de la taltle, derrière laquelle Toinetto debout, tandis que Toinet est toujours assis à l'autre bout, lant les pommes.
Ah! vous ne savez pas, vous autres, ce que c'est. Ne point passer demain où ce soir on passait! Piquer droit devant soi, seul, libre, à l'aventure!...
TOINET, l'interrompant avec un haussement d'épaule.
Sans gîte la plupart du temps, et sans pâture !
LE CHEMINEAU, s'exall;uil peu à peu.
Mais le gîte est d'autant plus doux qu'on n'en a pas. Et plus âpre est la faim, meilleur est le repas. C'est sous le vent qui cingle ou le soleil qui tape Qu'il faut avoir marché pour bien goûter l'étape; . Et celui-là connaît le réconfort divin D'une assiette de soupe et d'un verre de vin,