ACTE CINQUIÈME
Qui depuis le matin jusqu'à la nuit chemine A traîner après lui la soif et la famine.
ALi:SE, stupéfaite et croisant les mains.
Mais vous n'y pensez pas 1
LE CHEMINEAU, même jeu que plus haut, se levant^ et marchant à grands pas de long en large pendant qu'il parle.
Je ne pense qu'à ça.
Ah ! ma grand'route ! Aller où le vent vous poussa, Son hàton à la main, son bissac à l'épaule ! Rien dedans, souvent, soit 1
A Aline plus spécialement.
Ce n'est pas toujours drôle, Admettons! Et qu'on souffre!... On soulfre sans témoins.
A Toinet, cette fois.
D'ailleurs, si le bissac est vide, il pèse moins. On n'en cherche que mieux ce qu'on pourrait y mettre. Kt puis, c'est quelque chose, aussi, d'être son maître, .le viens quand je le veux. Je pars quand ça me plait. Je ne suis pas forcé, si je chante un couplet.
Revenant s'asseoir prè* de la table, et s'adressant derechef à Toinet.
Je prétends...
TOiKET, avec un gros rire à la lin.
Allons! bon! voilà qu'il s'hurlubie !
Et je parle ! Kt je parle! Vne fois sa lubie En branle, gare là-dessous! ça va marcher. 11 irait tout un jour sans boire ni cracher.
TOI.NETTE, grave et toujours debout derrière la table.
Oh! ne ris pas, mon bon Toinet, de sa folie; Car sa dure existence en fut tout embellie. Hoi-mème, qui veux l'en guérir, je la comprends, ^es rêves ne sont pas les tiens, mais ils sont grands. . Tu dois les respecter, mon gas, quoi qu'il t'en semble. \ujourd'hui, certe, avec ses amis, tous ensemble, r/est raisonnable, et c'est mon vœu, qu'il reste ici. Mais eut-il tort jadis, seul, jeune, sans souci, Étant aventureux, d'aller à l'aventure?
^est l'oiseau voyageur qui suivait sa nature.
26^' LE CHEHIIISEAI]
Ces errants, nos bonheurs sont trop calmes pour eux. Us en ont d'autres, qui les rendent plus heureux.
LE CHEMTNEAr, comme en s'excusant.
Mais...
TOINETTE
Je ne t'en veux pas, va, d'y penser encore. Toinet en dit du mal parce qu'il les ignore. Mais moi, tu m'en as tant parlé! Je les connais. Quand nous sommes avec François, près des chenets, fous les trois, c'est toujours de cela que tu causes.
TOINET, brusque.
Eh bien ! il a tort.
ALINE, sur un Keste de Toiuelle qui veut faire taire Toinet.
Si ! si ! Toinet dit les choses Comme elles sont.
TOISET
Bien sûr ! 11 peut jouir en paix De notre afïection.
ALINE
Oh! oui.
TOINET
De nos respects.
ALINE
Parfaitement.
TOINET
Et c'est au temps de sa folie Qu'il songe! Et tu veux... '.
TOINETTE
Non! Tais-toi, je t'en supplie.
TOINET
Pourquoi? Moi, quand j'ai là quelque chose, ça sort,
Aucheraineauqui écoute en souriant cette juvénile morigénade.|
Et donc, ce n'est pas vrai que je trouve un beau sort. L'existence de gueux, d'errant, qui l'ut la tienne. Ne rien avoir à soi, personne à qui l'on tienne,