ACTE DEUXIÈME
Johannès ine dil : « Vis, et Lois ton repentir.
« Crois! Sois doux! Fort, avec les faibles vient pâtir. »
Et mon àme d'orage est si bien éclaircie
Qu'à présent, quand on m'a frappé, je remercie.
Vous parlez trop de moi, mes frères; vous devez Ne parler que de Christ ; lui seul vous a sauvés. Oubliez l'instrument quelconque et sans nîérites De la pitié qu'il eut pour vos âmes contrites. Ces doux rayons de miel dont vous vous délectez, Foi, prières, ferveurs, repentirs, charités, J'en suis l'humble intendant qui remplit sa corbeille; Mais tout le miel en vient de la divine abeille.
Montrant Flanmieola et descendant les marches. Pour qu'à l'abeille elle ouvre aussi son cœur fermé. Et pour qu'elle aime Christ comme il veut être aimé, Dites-lui mieux, et sans y mêler mes louanges, En quel lac d'or vivant Christ a changé vos fanges.
A Sergius.
Toi, jadis noble et riche, et tombé cependant Jusqu'où, parle.
SERGIUS
Je suis le dernier descendant D'une gens dont l'aïeul le plus grand et le pire Fut ce Catilina, précurseur de l'empire. César manqué, tué dans l'œuf par les hasards. Tous les crimes de tous les monstrueux Césars Dont, s'il avait pu vaincre, il eût été le père. Mon âme abominable en était le repaii'c, Mon àme était un bois où rugissaient, lâchés Dans la rage et le rut, les plus hideux péchés, Un bois aux noirs marais, aux troncs morts, aux rocs chauve.'', Qui grouillait de serpents, de spectres et de fauves. Gloire à toi, .lohannès, dont les mots tout-puissants En ont fait un pré vert plein d'agneaux bondissants!
TUULLA, se précipitant aux pieds de Johannûs.
Ah! la mienne, la mienne était une sentine, Bourbier où tout un peuple en ribote piétine;
El par moments encor (tiens, tout à l'heure, vieux, Souviens-toi, quand je t'ai parlé, l'air envieux. De la mime, en songeant à jadis), par moment. Comme le chien retourne à son vomissement. De la tourbe qui bout, brusquement réchauffée. Il me remonte au cœur quelque ancienne bouffée. Mais tu m'en guériras, Johannès, n'est-ce pas'/ Tu laveras mon cœur jusqu'au fond le plus bas. Tu le dois. Tu le peux.
J'y tâcherai, pauvre être.
Et la tendre bonté qu'à tous tu fais paraître.
Désignant Murrhina.
A celle-là surtout, que quitta sa raison. T'assure une complète et proche guérison.
TP.l'LLA
Merci ! Merci !
A Flammcola.
Comme il est doux! Comme il console!
Songe qu'il rend l'espoir ainsi même à la lolle.
Secouant Murrhina.
Murrhina ?
MURRHINA, d'une voix égarée.
Mort! Il est mort, le petit enfant.
Et c'est moi qui l'ai fait mourir en l'étouffant. J'avais si peur de la vieille aux yeux de noctue!
Avec épouvante et horreur.
Ahl la vieille!... Elle et l'homme, ils m'avaient tant battue! Mort! Il est mort, l'enfant! Quand le trou l'engloutit, Il était encor chaud....
Après avoir mimé l'infanticide, et dans un grand cri de déses poir.
Oh! mon pauvre petit !
FLAMMKOLi, à .lohannès,
Assez! Je ne veux plus l'entendre. Fais-la taire.
C'est trop affreux! C'est trop.