‹ Théatre en versChapitre 48 sur 212 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

JOHAîi.NÈs, qui vient s'accroupir sur les marches près de la folle.

Il n'est plus sous la terre.

Murrhina; tu sais bien qu'il est là-liaut, au ciel. Heureux près de Marie et près de Gabriel. Que Gabriel le fait jouer avec les anges, Que Marie en a soin et lui borde ses langes, Et qu'ils te le rendront tout paré de leurs mains, Et qu'alors par l'azui' et l'or des clairs chemins Qù Christ fera le jour dans ta raison sans voiles, Où tous les pleurs versés fleuriront en étoiles. Ton pauvre enfant, ton cher petit, tu le verras Venir à ta rencontre en te tendant les bras.

Oui, oui, je le verrai, tu le dis, j'en suis sûre. Quand tu parles, déjà tout se dore et s'azure. Et dans le ciel promis qui s'entr' ouvre à ta voix .le le vois qui m'appelle et m'attend, je le vois!

Elle demeure coinnic en extasi:.

l'infirme et PALUS, avec enthousiasme.

Il guérit tous les maux.

LES PAUVRES, d'une voix forte.

Amen !

SERGICS, avec entiiousiasme.

n sait remettre Tous les péchés.

LES PAUVRES, d'une voix plus fort?.

Amon I TP.ULLA. avec un entiiousiasme croissant.

Le bon pasteur, le maître, Le divin maître en qui renaît Christ aujourd'hui....

PALUS, mêiuo jeu.

Ciirist en personne....

ai LA MARTYRE

SERGIUS, même jeu, plus violent encore.

Christ, dans sa gloire, c'est lui!

LES PAUVHES, au comble de l'exaltation.

Amen! AmenI

.IOIIA.N}iÈS

Silence, ô voix blasphématrices !

Vous outragez la croix, les saintes cicatrices, Le sang du fils de Dieu, le sang versé pour vous. 0 Christ, pardonne-leur! N'écoute pas ces fous! Leur blasphème ignorant, ne leur en tiens pas compte! Mais écoute mon cri de remords et de honte, A moi qui par la grâce usée impudemment Suis la cause et l'objet d'un tel égarement; Et puisque c'est en ma faveur qu'on te déprime, Fais tomber sur moi seul tout le poids de leur crime!

i\on! Non! laisse parler ces cœurs reconnaissants.

Ce qu'ils disent, ce qu'ils éprouvent, je le sens,

Et leur crime, avec eux, je viens de le commettre.

Comme eux, je trouve en toi le bon pasteur, le maifro.

Quelque chose de fort, de suave, de grand.

D'irrésistible, et qui vous attire et vous prend. .^'

Tais-toi ! Ne brise point sous de dures paroles ,i};

Le lys mystérieux aux naissantes corolles, '»■

Le lys consolateur que tu m'avais promis J

Et qui devait éclore aux pleurs de tes amis. \

C'est eux, c'est leur amen où je viens de me joindre *

Qui me font espérer que peut-être il va poindre. -i

Qu'importe, si je suis encor gauche à saisir •

Ta foi, ton dieu ! J'en ai déjà comme un désir. ,'•

A ce désir qui cherche il faut montrer la rive. g

Souftre qu'à travers toi jusqu'à ton dieu j'arrive

Et que vers un tel but les chemins soient secrets.

Comment n'as-tu p;is vu que j'en étais tout près,

Extasiée en leur extase fraternelle?

A leur essor d'aaiour mon âme ouvrait son aile.

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