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ACTE DEUXIÈME

Oui sait vers quoi? Mais hors de l'ombre, c'est certain.

0 lumineux éveil d'alouette au matin,

Qui, secouant la terre attachée à sa plume,

Veut monter dans la pourpre où l'aurore s'allume

Pour aller tout à l'heure achever son éveil

Plus haut, en plein azur, plus haut, en plein soleil!

Ah! pourquoi, par un brusque et brutal cri d'alarme,

Sans pitié, toi si bon, as-tu rompu le charme?

Pourquoi leur as-tu dit de se taire? Pourquoi

Casser l'aile au grand vol qui m'emportait vers toi?

0 femme...

ARUSS, descendant vivement en scène.

Tu n'as rien à lui répondre, frère.

Prends garde ! Ton orgueil va se laisser distraire A la tentation où je te sais enclin.

Le vouloir les tourner, les pièges du Malin. Il faut les fuir. Prends garde à la langue fleurie Dont les propos flatteurs sentent l'idolâtrie. Cette femme prétend qu'elle cherche la foi ; Elle ment. Ce n'est pas Christ qu'elle aime.

L\TRO, bondissant du fond de la popine vers les marches.

Tais-toi !

Si quelqu'un ment, chrétien à langue de vipère. C'est toi. Mais à ton tour prends garde à cette paire De glaives.

Se ruant vers Aruns.

A genoux! Rétracte! Ou de ce pas...

FLAMMEOLA, rarrètant d'un geste.

Laisse ! Menteur ou non, il ne m'oflense pas.

Tu l'entends, Johannèsl Elle insiste. Sois sage. Fuis le péril prochain qu'un tel aveu présage. D'ailleurs, un saint devoir envers nou.s l'est dicté. Viens, en le remplissant, armer ta volonté.

A ces blasphémateurs qu'aveugle leur folie

Tu dois une leçon, grave et qui t'humilie,

Par quoi cette clarté soit rendue à leurs yeux,

Que Christ est le seul Christ ici-1 as comme aux cieux.

Viens, par les noirs chemins, jusqu'en noire chapelle,

Subir la pénitence où ma voix te rappelle.

Devant eux, devant Christ qu'ils ont mis à tes pieds,

Viens confesser leur crime et le tien expiés.

Toi qui leur fus l'objet d'un culte sacrilège.

Tu dis bien. Que le poids du lourd péché s'allège Par celte pénitence exquise à mon remords! Frères, allons chercher là-bas près de nos morts La source du pardon et des larmes sereines. Psyllium, prends les clefs des portes souterraines. Prends une lampe aussi. Les degrés sont mauvais.

Psyllium allume une lampe et elle se dirige vers la porté bas qui mène aux caveaux.

Allez, frères et sœurs. Je vous rejoins. J'y vais.

Les pauvres sortent l'un après l'autre par la porte basse. A Aruns en désignant Flammeola.

J'ai quelque chose à lui dire. Tu peux l'entendre,

Aruns reste au seuil, un pied sur la première marche.

0 femme, pour bien voir le but où tu veux tendre,

Cesse de regarder dans mes regards. 11 faut

Chercher Christ sans aucune entremise, et plus haut.

Car ton lys, Ion soleil, c'est lui; car le seul maître

Qui guérit tous les maux, c'est lui, qui sait remettre :^

Tous les péchés, c'est lui; car le dieu mort pour nous.

C'est lui, c'est lui! Longtemps, chaque jour, à genoux.

Sans fin, sans que jamais, jamais tu t'en reposes,

0 toi qui veux l'aimer, répète-toi ces choses.

Et qu'il t'exige toute, el qu'on doit en l'aimant

L'aimer éperdument, l'aimer uniquement.

Ne faiblis pas, devant la grandeur de l'ouvrage.

Et ne crois pas surtout que je t'en décourage.

Tu marchais à tâtons. Je te prends par la main

Pour te mettre en plein jour et dans le droit chemin.

Mais sois-en sûre, Christ saura te tenir compte

Do pas qu'a fait vers lui ta pauvre âme qui monte.

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